Jasper TX – An Index Of Failure

Tout ça pour un adieu.

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8.2

10

Par David Robert
Publié le 11 février 2013 | 21:41

Personnel. Voilà sûrement le mot qui pourrait le mieux définir la musique de Dag Rosenqvist sous l’alias Jasper TX.
Depuis onze ans il se fait (faisait) l’explorateur de terres qu’aucun autre être humain n’a jusqu’ici foulées. Le voyageur d’une zone qui semble complétement coupée du monde. Est-il allé chercher plus loin que quiconque l’infini dans l’univers ? Ou bien au contraire a t’il creusé dans la terre plus profond ? Non, rien de tout ça. Et s’il est le seul à être allé là où il est allé, c’est car il est le seul à en posséder les clés, et que personne ne peut en avoir de doubles pour toutes les serrures requises. Pas même une femme. L’esprit d’un homme n’appartient qu’à un seul homme.
Mais il y a quelque chose qui est capable, non pas de faire sauter toutes les portes, mais de les figer à tout jamais. Et un beau jour, alors même que l’on pensait cette forteresse imprenable, cette chose vient réclamer la dîme qui lui est due. Roi de tout, dictateur de la vie et de la mort, le temps a tout les droits. Surtout celui de dire qu’il est temps. Le temps pour Jasper TX de s’en aller, de stopper la production sous ce nom et ainsi de boucler la thérapie introspective de Rosenqvist avec un dernier chapitre : An Index Of Failure.

La pochette est toujours un élément essentiel d’un album. Ici, elle en est tout simplement la base. La musique de Jasper TX se construit autour d’une image née dans son esprit et sur laquelle il essaie de mettre du son, de construire une histoire. Inutile donc de se demander pourquoi ses albums possèdent un tel pouvoir pictural. Et lorsqu’il s’agit d’un album regroupant des titres réalisés depuis 2006, on se dit que cet océan empli de violence et ce ciel plus chargé que la CAF un vendredi aprèm’ a du hanter ses nuits. Soyez sûrs qu’il hantera les vôtres aussi.
Les premières lignes de glocks cristallins, renforcées par des nappes faites de sables et de brumes mais s’effilant vers les aigus tout au long du morceau imprègnent l’oeuvre d’un sentiment de nostalgie. Oui, car il ne veut pas partir. Et quoi de plus démonstratif de cette terrible violence intérieur que les longues plaintes humaines et métalliques de In All Your Blinding Lights… Pourtant, il ne se retourne pas. Il continue d’avancer. Et plus il s’éloigne, plus l’écoute devient intense. La faute à cette foutue mer et ce temps de chien.
Des plages qui s’épaississent. Du bruits blanc en fusion entre deux creux de vagues, des textures brouillées, broyées, criantes. Un paysage qui aspire notre homme dans toujours plus de brouillard. Puis, après un long silence, quelques lignes de six cordes grattées. De dos bien sûr, car il ne se retourne pas. Non. De toute façon, on ne le verrait plus d’ici. Il est trop tard. Et puis, doucement, sur des notes naïves, ça vient. De quoi ? L’apothéose. Un océan qui prend feu. Un souffle qui hurle à la mort. Un passé, un présent, un futur qui n’existent plus. Tout qui part en fumée.

Tout ça pour un adieu.

 


 

Tracklist :

01 – Abandon
02 – In All Your Blinding Lights
03 – Rivers Flow
04 – A New Language
05 – Days Above The Tide

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