John Roberts – Paper Frames

“Paper Frames” fait la part belle aux percussions non filtrées, sons de shakers ou toms basses, tintements de bois ou de métal, piano préparé : c’est un cadre intimiste qui se déploie sur une structure progressive simple, une peinture relativement brute mais maîtrisée.

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8.1

10

Par Alexandre Aelov
Publié le 18 juillet 2012 | 23:05

Deux ans déjà ont passé depuis l’enchanteur “Glass Eights”, premier album de cet étonnant producteur qu’est John Roberts. Un style difficilement définissable, entre rondeur et sensualité quasi deep-house, travail minutieux du sample concret, les textures synthétiques évoluant comme autant de nuages qui passent et s’en vont, le rendu final oscillant entre mélancolie contemplative jamais suicidaire et bain sonore de toute beauté. Un style naïf ? Cet EP, de nouveau sorti chez Dial, nous prouve le contraire.

L’apparente innocence des productions de John Roberts cache bien au contraire une gravité et une maturité qui se retrouvent ici dans quatre titres contrastés. Les deux opuscules nommés “Untitled II” et “Untitled IV” sonnent comme de courtes pièces préparatives, chacune disposant les éléments, esquissant des contours, des perspectives qui se prolongent immédiatement dans les titres qui suivent. Aussi on retrouve immédiatement dans “Paper Frames” les arpèges métalliques saccadés qui donnaient sa couleur concrète à “Untitled II”.
Rapidement on comprend quel est le parti pris de John Roberts : une approche plus axée sur le sample et une démarche picturale assumée. Dans un style moins lancinant que sur “Glass Eights”, “Paper Frames” fait la part belle aux percussions non filtrées, sons de shakers ou toms basses, tintements de bois ou de métal, piano préparé : c’est un cadre intimiste qui se déploie sur une structure progressive simple, une peinture relativement brute mais maîtrisée. Élégance du geste musical, délicatesse des formes, crudité du matériau. S’il fallait encore nous en convaincre, on trouve le même jeu de prémisses/réponse dans le couple “Untitled IV/Crushing Shells”, jouant d’échos et de contrastes, dans un style alors plus proche du premier album. La ligne rythmique se déploie d’une manière cependant plus hachée et moins deep, et l’on retrouve avec plaisir une multitude d’éléments sonores, synthétiques ou non, qui font le style de John Roberts.
Cependant, malgré l’enchantement évident que procure l’écoute de ce “Paper Frames” nouveau né, on est peu surpris. C’est le revers de médaille d’un EP mature où Roberts persiste et signe. Sans tomber dans le piège de l’Ep « exercice de style » (comme c’était le cas récemment pour le bien nommé “Exercises” de CFCF), Paper Frames se déploie sans trop de risques dans des paysages sonores déjà explorés, qu’on retrouve avec plaisir mais sans trop d’étonnement, les explorations se montrant quelque peu timides.

A défaut d’une bonne surprise, on trouve ici une belle production. John Roberts est désormais incontournable, on ne peut que s’en réjouir, en attendant d’autres esquisses d’un style à venir qui se fait un peu désirer avouons le. Tout est là, en germe, il faudra juste être patients.

 

Tracklist :

1. Untitled II
2. Paper Frames
3. Untitled IV
4. Crushing Shells


 

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