Juan Atkins & Moritz Von Oswald – Borderland

Le jazz s’invite ici dans des contrées ambient qui évoquent l’image d’un concert au beau milieu de la nature.

borderland moritz von oswald juan atkins

7.0

10

Par Clement Segura
Publié le 23 juillet 2013 | 18:29

Des projets où deux pontes de la musique se rencontrent pour produire un album, c’est loin d’être rare. Mais des projets ou deux mastodontes de leur genre respectif se réunissent pour une prestation unique retranscrite sous forme d’un album live, c’est déjà bien moins fréquent.

C’est l’idée qui a germé en juin dernier dans les cerveaux de maîtres des machines que sont Juan Atkins et Moritz Von Oswald, respectivement fondateurs des labels Metroplex et Basic Channel. Leurs noms ne représentent rien de moins que la naissance de la techno et techno de Detroit d’un côté et l’émergence de la techno et dub techno teutonne de l’autre côté. Du haut de leurs grands âges et expériences, dire qu’ils offrent par ce projet une réalisation subjuguante de maturité est un doux euphémisme.
Dans un élan de bonté, ils ont donc décidé de donner la réunion de leurs savoir faire en présent aux oreilles des festivaliers du Mutek Festival à Montréal. L’affaire concluante fut suivie d’un album sorti sur le label du  club Berlinois Tresor.

L’oeuvre reste dans une tonalité sobre mais à la réalisation technique irréprochable. Le jazz s’invite dans des contrées ambient qui évoquent l’image d’un concert au beau milieu de la nature. Un concert ou des machines découvrent leurs bienfaits dans un dialogue avec des sonorités bien à elles. Le mot d’ordre est douceur, mais quand il dérive, c’est pour laisser place aux tentations psychédélique. Les tribulations des machines transportent l’oreille et le corps ; tantôt froides, tantôt chaleureuses.Les kicks sons rares, et qu’ils tapent dub ou techno, la justesse de leurs vibrations auréolées de synthés d’un autre temps a de quoi laisser pantois, juste après avoir brouillé les pistes du système vestibulaire.
Pourtant, du processus créatif jusqu’à leurs aboutissements, les sons sont clairs, tout comme les intentions des artistes : ne pas révolutionner la musique mais prendre son évolution à contre pied.
Les attentes que l’album a suscité ont plus donné lieu au fantasme qu’à une réelle vision objective de ce qui allait être réalisé. Le parti pris de produire un album plus ambient que techno est ce qui le place à part, mais c’est également ce qui l’empêche de devenir une collaboration respectée au delà du culte que l’on porte à ces deux pères de la techno.

Au lieu de l’œuvre dantesque attendu, Borderland est le fruit d’une collaboration étroitement intimiste que Juan Atkins à d’ailleurs qualifié lui même de « force universelle qui [aurait] affirmé que nous étions supposé nous mettre ensemble pour faire de la musique ». Ainsi, c’est l’histoire de la relation qu’on mêlé Oswald et Atkins qui est contée ici, et non pas l’histoire des deux hommes dans leurs éléments propres. L’expérience sonore d’une rencontre livrée par offrande en live pour le bien collectif.


Tracklist :

1. Electric Garden (Jazz In The Garden Mix)
2. Electric Dub
3. Footprints
4. Electric Garden (Original Mix)
5. Treehouse
6. Mars Garden
7. Digital Forest
8. Afterlude

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