Jules Elipse – Elipse 03

Jules Elipse signe un maxi retenant l’attention, innovant dans un genre que l’on pensait codifié tout en conservant une touche personnelle et atypique.

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8.0

10

Par Martin Drazel
Publié le 5 mars 2015 | 11:57

Jules Bertier est un artiste versatile et difficile à cerner. Passionné de jungle, c’est sous Concept One qu’il signera ses premiers morceaux, notamment chez Alphacut. Après un détour par le projet Subtil avec l’Irlandais Bonz, il déménagera pour Berlin où il fondera Elipse Music, label orienté house/deep house. C’est sous ce dernier alias de Jules Elipse qu’il nous livre un maxi qui sent bon le hangar fleuri.

Tout le principe de cet Elipse 03 est de ne pas se contraindre aux demandes actuelles de la scène, mais plutôt de revenir aux bonnes vieilles valeurs. Les morceaux sont titrés « 1A, 1B, B1, B2 », référence directe à l’ancienne époque où les artistes se moquaient de la relation titre-morceau, l’important résidant uniquement dans la musique. Ainsi, les quatre morceaux du disque sont des versions d’un même thème, à l’instar d’un maxi house des années 90. Une ligne de synthé et une basse très inspirée de l’UK Bass dirigeront donc les quatre versions d’un même morceau, rendant cette recette plutôt simpliste de plus en plus intéressante au fil des écoutes.
Il existe une réelle envie de cohésion dans la musique de Jules Elipse, une sorte de ligne directrice qui ne se détourne de rien, encore moins d’où l’artiste veut mener sa musique. L’univers exposé ici est toujours doux et agréable, nous tenant par la main pour nous guider dans une danse intrinsèque et libératrice, ce petit monde intimiste que les grosses machines de l’électronique actuelle ont un peu tendance à oublier. Pas besoin de technique sur-développée, ni d’artifices en tout genre, l’essentiel est dans ce mouvement de danse perpétuelle. C’est particulièrement probant avec les deux morceaux de la première face du disque, évoluant jusqu’à nous détacher du moment présent, de ces drôles de gars sur le dance-floor et de ces trop nombreuses lumières. Fermez les yeux, laissez-vous porter, Jules est un très bon guide touristique d’une house léchée et intelligente.
La seconde face du maxi propose des versions un peu plus garage du même thème. On y reconnaît les inspirations et le passé du junglist, avec ces rythmes saccadés joués à un bpm ralenti. L’ensemble synthé et basse prend ici une autre dimension, arpentant des contrées plus accidentées mais tout aussi oniriques. L’équilibre entre rythme jungle et éléments house étant un exercice assez périlleux, on ne peut que saluer le résultat final. Jules a trouvé une recette permettant à ses deux univers de prédilection de se rencontrer, et elle fonctionne ! Sous une forme pourtant assez casse-gueule, les deux morceaux de la face B se révèlent être des petites perles d’ingéniosité musicale et de recherche harmonique.

Voici donc un maxi qui mérite toute votre attention. Certes la répétition de la recette peut être lassante à la longue, mais Jules innove dans un genre qu’on pensait totalement codifié. De plus, il se permet d’y ajouter une touche bien personnelle et atypique. Bravo l’artiste pour ce tour de passe-passe musical, et gardons un œil sur l’avenir de ce label prometteur qu’est Elipse Music.

 

Tracklist :

1A
1B
B1
B2

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