Kantyze – Perspectives

Kantyze réussit un tour de force, et prouve la place de la France sur la carte de la scène bass music.

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8.0

10

Label

Genre

Par Martin Drazel
Publié le 10 juin 2014 | 18:48

Cocorico ! Les Anglais ne centralisent pas seuls la scène bass music. Repoussant l’envahisseur depuis des années, IM:Ltd a su s’imposer comme l’une des empreintes perturbatrice du consensus anglo-saxon. Avec des artistes comme Mortem, Atmospherix, Survival ou encore Gunston dans ses rangs, la guérilla musicale de ce vieux briscard qu’est Caine (patron du label) est loin de s’essouffler. Perspectives, le dernier album de Kantyze, est une pierre de plus parmi la forteresse IM:Ltd. Les conquérants en herbe devraient y repenser à deux fois !

 

On jongle, ne sachant trop sur quel pied danser, entre dubstep lourd, plutôt proche d’une sortie Deep Medi Musik, et quelques expérimentations à 140bpm, comme ce « Fredlocks », penchant plus vers l’univers d’un Seven

 

Introduit par un morceau éponyme, Perceptives dévoile bien vite l’étendue du talent du duo de Fred et Igor. Les textures sont léchées, les ambiances et autres arrangements intelligents et équilibrés ; le tout est porté par une recherche de cohérence entre les différents éléments, pour ne pas gêner l’auditeur. C’est particulièrement probant pour « DMZ », qui arrive à la fois à jumeler une bass bien ronde et vibrante (qui n’a rien à envier aux grands du genre) avec une mélodie un peu lointaine, très bien imbriquée parmi les autres ingrédients. Pourtant, Kantyze ne semble pas avoir recherché uniquement l’efficacité.
On jongle, ne sachant trop sur quel pied danser, entre dubstep lourd, plutôt proche d’une sortie Deep Medi Musik, et quelques expérimentations à 140bpm, comme ce « Fredlocks », penchant plus vers l’univers d’un Seven. Néanmoins, leur univers sombre et quelque peu mystique se retrouve dans chacun des titres de l’album. « Nowhere to Hide » et « Circus » sont de très bons exemples de ce glissement dans l’univers de Kantyze, passant de la drum & bass bien sèche et puissante à du dubstep plus affiné, mais tout aussi percutant.

Une fois arrivé au milieu de l’album, le rythme se met à arpenter d’autres territoires. On s’écarte doucement de l’habituelle caisse-claire de fin de temps pour s’enfoncer dans des structures plus axées breakbeat, voire juke. Il est évident que Caine, étant directeur artistique du projet, a dû sélectionner ces hybrides pour que l’album ne soit pas qu’un simple enchaînement de productions dubstep identiques. C’est une décision très plaisante, surtout au vu de la qualité de ces hybrides, à l’instar de « Red Sepulchre », ou encore « Rashomon », qui rappelle avec plaisir les délires syncopés de Biome.
Le duo nous dévoile ici sa capacité à ne pas s’immobiliser devant une formule et l’appliquer à tout va, sans la remettre en question. Ce point, développé dans leur interview, d’une sorte de composition compulsive se ressent bien dans cet album : riche, varié, et toujours mixé et composé avec un souci du travail bien fait.

Les influences sont multiples, et pas des moindres. « Dubustrial » rappelle du Headhunter dans son époque 4/4. Sur « Stoker », le juke d’outre-Atlantique semble avoir dirigé les choix artistiques. « Eve of Contempt » et « Hour of Penance » reviennent aux bases sombres et rythmiques du duo, puis « Open your heart » conclut l’album d’une bien belle manière, nous faisant voyager entre synthé entêtant et longues notes de bass enchâssées dans un morceau de lover.

 

 Un DJ, un danseur, un bass-head aficionado du genre, voire même un curieux notoire, tous devraient s’y retrouver

 

Lorsqu’un album entier arrive, avec une telle science de l’équilibre sonique, à nous faire danser autant que voyager, et qu’on y ajoute le fait que pour Kantyze tout ceci était un projet bien éloigné de leur zone de confort drum & bass, on ne peut que s’incliner devant l’acte. Un DJ, un danseur, un bass-head aficionado du genre, voire même un curieux notoire, tous devraient s’y retrouver. Le tour de force est donc mené à bien, et ne nous reste sur la langue qu’une seule expression, synthèse de ce qu’accomplit Caine via IM:Ltd et Kantyze via cet album : cocorico !

 

Tracklist :

A1 – Perspectives
A2 – DMZ
A3 – Fredlocks
B1 – Nowhere To Hide
B2 – Circus
B3 – Red Sepulchre
C1 – Rashomon
C2 – Dubustrial
C3 – Stoker
D1 – Eve of Contempt
D2 – Hour Of Penance
D3 – Open Your Heart

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