Kassem Mosse – Workshop 19

Un album aristocratique qui se consomme comme un whisky haut de gamme

Kassem Mosse

8.3

10

Par Raphael Lenoir
Publié le 17 mars 2014 | 20:26

Il faut bien l’admettre, on ne sait pas grand-chose de Kassem Mosse. Et pour cause l’homme est extrêmement réservé. On sait que son vrai nom est Gunnar Wendel et qu’il roule tranquillement sa bosse du côté de Berlin chez Mikrodisko Recordings ou Workshop. Et c’est sur ce dernier qu’il vient de signer dans la discrétion presque totale son premier album. Pas de campagne promo pour le sobrement intitulé Workshop 19, tout juste une annonce sur les réseaux sociaux quatre jours avant sa sortie.

 

Ce qui frappe d’emblée à l’écoute de ce long format est l’incroyable désinvolture des compositions qui n’aspirent pas à s’incruster dans les clubs comme la plupart des disques house. Et cela même si les kicks et les synthés n’ont rien de bien nouveaux. Comme sur ses autres EP, Kassem Mosse ne s’encombre de savoir si celui-ci va révolutionner le genre, mais offre plutôt simplement sa vision des choses en matière de deep-house.
Rien n’est spécialement explosif ici donc, ni original. Mais si cela aurait être synonyme d’un arrêt de mort pour d’autres albums, il n’en est rien iciAu contraire, Workshop 19 est un long format remarquable aux textures et aux ambiances résolument classiques certes, mais dont la subtilité n’a d’égale que la classe, comme en témoigne le jazzy et feutré «Untitled A1».

Ainsi si les regards paternels et bienveillants des figures mythiques du genre sont bien présents tout au long de l’album, cette galette est bien plus qu’une condensé d’influences. L’émancipation est bien là et elle se fait au travers de la patte de Gunnar Wendel qui respire autant la délicatesse et l’authenticité. L’émotion est aussi est un puissant facteur au travers ce disque à l’image du sublime «Untitled B1» à la charge nostalgique réelle.
On retiendra aussi la force psychédélique et enivrante qui se dégage des deux derniers morceaux «Untitled C2» et surtout «Untitled D1», s’étirant tous deux sur une dizaine de minutes en nous entraînent dans cette léthargie où les minutes ne semblent plus compter.

 

Une douce brise d’été s’infiltre dans nos narines alors que les soirées s’allongent et que la température monte. Les corps s’assouplissent, préparent leurs déhanchés avant l’heure fatidique. L’excitation redouble d’intensité lorsque la moiteur des pistes de danse s’approche à en devenir palpable. Mais Workshop 19 ne passera pas la porte des clubs :  il arrive simplement à point nommé pour nous mettre dans l’ambiance.
Même si Kassem Mosse n’insuffle pas le vent du renouveau, il offre des ambiances décontractées qui suintent l’élégance et l’authenticité de tous leurs pores. Une superbe réussite pour l’artiste, qui livre un album aristocratique se consommant avec classe et de la plus pure des manières à l’image d’un whisky haut de gamme.

 

 

Tracklist :

01. Untitled A1
02. Untitled A2
03. Untitled A3
04. Untitled B1
05. Untitled B2
06. Untitled B3
07. Untitled C1
08. Untitled C2
09. Untitled D1

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