Lawrence – A Day In The Life

Un non-dit d’une importance capitale.

Lawrence - A Day In The Life

8.4

10

Label

Genre

Par Raphael Lenoir
Publié le 17 décembre 2014 | 15:32

2014 a été extrêmement faste en matière d’albums ambient, notamment pour ce que certains appellent le power ambient (Eric Holm, Ben Frost, etc en ligne de mire). On peut donc se demander si cette année a été un cru extraordinaire ?
Nul ne peut le dire avec certitude tant le temps reste un des facteurs clé pour prendre cette décision. D’autant plus que, si nous vous parlions de Neel et son album Phobos il y a quelques temps, les exemples de producteurs qui se sont éloignés de leur genre de prédilection pour proposer des albums où les kicks semblent avoir disparu ne manquent pas : Function, Move D… En cette fin d’année, nous pouvons rajouter Lawrence.

« A Day In The Life », le sixième album de Peter Kersten alias Lawrence paru en novembre sur Mule Musiq (dont il est à la tête), évolue en effet cette fois-ci sous l’égide de l’ambient. A peine un an après le très bon Film & Windows sur Dial, le producteur remet donc le couvert avec un long format qui sera très certainement un élément à part dans sa carrière de compositeur.

 

A Day In The Life est avant tout un hommage à l’amitié qui s’est nouée entre Lawrence, Toshiya Kawasaki et le graphiste Stefan Marx. Ce n’est pas pour rien si la cover de l’album, dessinée par Marx, représente le salon de ce dernier : c’est là où les trois se réunissaient et se réunissent encore. On peut donc aussi penser que ce nouveau disque célèbre aussi le calme du chez-soi, ce bien-être que l’on ressent dans cet environnement réconfortant, comme peuvent l’illustrer les rythme paisibles de « Lucy, Lucy », « Simmer » ou encore « Fainting ».

Si rythme il y a, ce n’est pas pour autant que vous entendrez des percussions franches et claires comme à l’accoutumé. L’utilisation des patterns percussifs est bien plus subtile, comme sur « Nowhere Is A Place » , « Lost In Joy » ou « Blue Mountain ». La rythmique n’est pas libérée mais provoque tout juste un léger contraste avec les différentes strates.

Le style de Lawrence a souvent été très contemplatif et donc propice à nous raconter une histoire. Mais une fois le beat supprimé, les ambiances prennent une saveur toute particulière. Cette légèreté nouvelle alliée à la brièveté des tracks (aux alentours de trois minutes) fait penser à une suite de saynètes simples mais vivantes. « The Visit » ou « Horses » avec son piano perdu dans le brouillard sonore montrent un talent encore plus affirmé chez l’allemand autant en terme de sound-design que dans sa manière d’agencer sa pièce. En évaporant ses percussions, il semble que Lawrence ait trouvé un moyen de sublimer sa musique.

 

Il n’est pas rare que les producteurs de musiques club se cassent les dents en essayant sortir de leur carcan. Mais pas Lawrence. A Day In The Life conserve ainsi sa griffe house bien ancrée avec ses images et sa mélancolie tout en évoluant dans un genre très différent.
A première vue on ne peut pas s’empêcher de penser que ce sixième long format est conçu comme une parenthèse. Une sorte de bulle annexe qui nous enveloppe comme l’aurait fait un drap. Mais cela ne veut pas dire que cet album est vide. En fait, quand on y regarde de plus près, ce disque dans la carrière de Lawrence se rapproche de la didascalie : un non-dit, mais d’une importance capitale pour mettre en place la suite de son œuvre. Indispensable.

 

 

Tracklist :

01. Horses
02. A Day In The Life
03. Lucy, Lucy
04. Nowhere Is A Place
05. Marlen
06. Fainting
07. Simmer
08. The Visit
09. Dreams Are Dead
10. Blue Mountain
11. Bonheur
12. Lost In Joy

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