Leon Vynehall – Music For The Uninvited

Leon Vynehall passe avec talent le cap du long-format avec ce mini-album de grande classe.

12inch_3mm_v92012.indd

8.0

10

Label

Genre

Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 21 mars 2014 | 9:50

Au vu de la qualité de ses – trop rares – productions depuis deux ans, on pressentait l’Anglais Leon Vynehall capable de grandes choses, malgré une propension certaine et entretenue par l’artiste à rester en dehors de la lumière. Le titre de ce Music for the Uninvited est à cet égard éclairant ; on ne s’y trompera pourtant pas : avec ce mini-album pour 3024, Leon Vynehall concrétise véritablement les espoirs placés en sa musique.

 

Tout commence par la mise en marche d’un enregistreur cassette, fil rouge de ce disque conçu comme une mixtape éparpillée sur bandes magnétiques. Mais bien vite perce le don de Leon Vynehall pour l’agencement de sonorités organiques exquises : autour de hi-hats imposant une première cadence, « Inside The Deku Tree » marie cordes dégradées et touches de piano déviées.
Leon Vynehall nous fait avancer d’enchantement en enchantement, déclinant sa vision de la house en diverses teintes. On touche ainsi au sublime avec les crescendos de cordes d’un « Be Brave, Clench Fists » étirant son groove contemplatif en laissant bassline, claps et autres éléments déclencheurs débarquer aux moments les plus opportuns. Plus loin, « It’s Just (House Of Dupree) » se place plus clairement sous les augures du dancefloor, offrant pendant presque neuf minutes sa définition de la house.

Music For The Uninvited est donc loin de se reposer sur une unique palette ; au-delà de sa maîtrise de ces différentes approches, le talent de Leon Vynehall éclate dès lors en sa faculté à les rassembler toutes en un même écrin sepia. On a déjà évoqué les bruits systématiques de magnétophone encadrant les différents titres, qui créent cette impression de continuité quarante minutes durant. Mais de façon plus générale, c’est ce traitement des sons suggérant la nostalgie de la redécouverte de sons ayant traversé les années qui permet de rapprocher les boucles de pads du planant « Goodthing » et les synthés tordus d’un « Pier Children » plus franc.

Leon Vynehall s’autorise même des incursions jazzy dans d’autres territoires stylistiques, portant le tempo aux alentours de 150BPM sur un « Christ Air » moins construit mais tout aussi réussi, soutenu là encore par des sons organiques maintenant le charme de l’ensemble. Le titre marque aussi une pause avant une conclusion confirmant nos impressions : évoquant presque un remix club de vieux titres de Tortoise, « St. Sinclair » émerveille, ses brèves notes de guitare claire continuant de résonner dans l’esprit de l’auditeur bien après un ultime « stop » d’enregistreur.
Toutes nos attentes se trouvent donc justifiées par un Music for the Uninvited discret mais éclatant. Sachant jouer sur différents plans tout en conservant une claire unité générale, Leon Vynehall passe avec talent le cap du long-format, distillant lentement toutes les essences que l’on devinait au sein de ses titres. Un disque de très grande classe, tout simplement.

Tracklist :

01. Inside The Deku Tree
02. Goodthing
03. Be Brave, Clench Fists
04. Pier Children
05. It’s Just (House Of Dupree)
06. Christ Air
07. St. Sinclair

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