Lewis Fautzi – The Gare Album

Un premier album de techno deep, sombre et tordue : Lewis Fautzi franchit une nouvelle étape

Lewis Fautzi - The gare album

8.7

10

Label

Genre

Par Laurent Dubuis
Publié le 22 mars 2014 | 16:47

Du haut de ses 22 ans, Lewis Fautzi (aussi connu sous Nuklear Default) rejoint la liste des artistes ayant sorti un album sur la mythique écurie Soma Records en rendant hommage à The Gare Club, célèbre club de Porto où il a découvert la techno. Boulimique de travail, Lewis passe la plupart de son temps dans son studio, où sa créativité ne cesse de s’accroître et la pile de titres composés de grandir. Ayant commencé à mixer et produire très tôt, l’artiste a déjà sorti des titres sur Soniculture, Labrynth ou ses propres labels Faut Section et Konstrukt Records.

 

The Gare Album se situe dans une étreinte inqualifiable de la techno, entre cliquetis sourds et murmures mélodiques. Les séquences sont conçues sous une forme très habile provoquant un enchaînement fluide des titres de l’album. Fautzi taille de manière précise la techno traditionnelle, l’alimentant d’une ténacité proche du Tresor, et en parallèle démontrant une sensibilité sophistiquée dans l’articulation, l’ajout et le retrait des éléments. Il structure notamment son album sous le modèle intro (« Signal ») / interlude (« Opaque ») / outro (« Other planet »), afin de briser le flux techno et de jouer avec les variations.

Dès les premières notes, l’ambiance d’un bourdonnement industriel se fait sentir, un crépitement de textures est modelé pendant deux minutes avant de laisser place au caverneux « UVB-76″. On assiste alors à un déchaînement de grosses caisses en plein essor donnant le ton de l’album. Ralentissant le rythme pour nous offrir une méditation de beat déconstruits, « The Other Side of Reality » offre un moment pour réfléchir avant le départ à l’assaut. Un enchaînement martelé se poursuit avec « Sick », « Range » et « Loudness », où l’intensité ne cesse de faiblir, et la fureur de fléchir. Les synthés chaotiques construisent lentement la tension d’une frénésie intrigante.

 

Un intermède d’une minute nous est offert marquant un point d’arrêt au milieu de l’album, une minute d’espoir, de répit, avant la reprise de la tourmente. Le plan de Fautzi est clair : séquencer l’album afin que l’auditeur soit en mesure de reprendre son souffle et puisse digérer chaque titre, tel un parcours jonglant entre sas de décompression et immersion expérimentale. De retour dans l’obscurité, « Binary » (qui fut notamment remixé par Oscar Mulero) est imprimé par les notes des synthés élastiques : déchirant l’épine dorsale, ôtant tout superflu jusqu’à être nu, il embrasse d’une froideur extrême l’auditeur, ivre et étreint d’une essence saisissante. Une maturité définie dans la production et une genèse froide calculatrice brille sur cet excellent album qui s’affirme déjà comme un must-have de 2014.

 

Tracklist :

01 Signal
02 UVB-76
03 The Other Side of Reality
04 Sick
05 Range
06 Loudness
07 Opaque
08 Hope
09 Binary
10 Psychiatric
11 Other Planet

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