Lone – Galaxy Garden

Une fraîcheur bienvenue.

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8.3

10

Par Alexandre Aelov
Publié le 23 mai 2012 | 21:35

On a constaté récemment, avec la sortie de compilations remastérisées et/ou remixées des grands titres qui ont fait la gloire de l’acid house et du big beat (entre 1988 et grosso modo 1995), que le virus du revival, pour ne pas dire du recyclage, était aussi bel et bien en vogue dans les musiques électroniques. N’importe qui triturant un émulateur de TB 303 ou de TR 808/909 se sentait alors pousser des ailes. Et tout un chacun de se sentir revenir à une époque mythique, celle de la déferlante acid belge et anglaise, des raves, des pilules pas encore interdites et des fringues inavouables. Mais ce serait oublier que d’autres, loin de ces redécouvertes éclair, ne se sont jamais privés pour hériter d’un son et d’un esprit, pour le revisiter, le renouveler. Lone est de ceux là.
Si le début de sa discographie présentait des assemblages hétéroclites, plus ou moins cohérents, comme dans “Lemurian” (2008) ou “Emerald Fantasy Tracks” (2010), il faut avouer qu’avec ses deux derniers Eps signés chez R&S, “Echolocations” (2011) et “Crystal Caverns” 1991 cette année, on pouvait jubiler sur une direction musicale bien plus ferme et attendre l’album à venir avec impatience.
Quoi de mieux, en effet, que le célèbre label belge pour parachever un travail résolument inspiré et tourné vers le futur ?

Hé bien l’album, le voici, et franchement, c’est plus qu’une agréable surprise. Difficile à caser dans un style précis, croisant tout un tas d’influences old school et plus actuelles sous un angle nouveau, qu’il s’agisse de break, de deep-house riche en nappes, de jungle, d’acid-house, Lone crée un univers fascinant plein de collages et de paysages musicaux qui évoluent dans une cohérence irréprochable. On est transporté dans un voyage cosmique mêlant basses et rythmes acid rappelant les belles heures de l’IDM (“Earth’s Lungs”), synthés rave (“Crystal Caverns 1991”), séquences electronica (“Lying in the Reeds”), beats dubstep doublés de voix (“Spirals”)…
A cela il faut ajouter des sons aquatiques quasi ambient, des pads discrets, des toiles de fond très subtiles qui contribuent à envelopper l’ensemble dans tout autre chose que de l’acid classique, et portent cet album vers le futur. Pourtant, même si on serait tenté de le rapprocher des surprenantes tendances qu’ont certains à coller tout et n’importe quoi dans une explosion de couleurs, comme Rustie dans “Glass Swords” sorti il y a peu chez Warp (surtout sur la track “Raindance”, ici), il n’y a rien chez Lone d’aussi bordélique.
C’est un album qui, par sa cohérence, ne laisse aucun répit dans l’immersion. Quand il nous laisse respirer, c’est une dose concentrée de sons aériens riches (“Dragon Blue Eyes”) et de textures profondes (“Stands Tidal Waves”) injectés droit dans l’imaginaire. Et ça marche.

Vous l’aurez compris, nous laissant couler dans un océan spatial de sons qui rappellent toujours quelque chose, mais sur des chemins croisés toujours surprenants, ce petit bijou paraît trop court. Lone n’en est pas à son premier coup d’essai, et cette maturité se sent, et se savoure. Contrairement à ses travaux précédents, le son est ici sculpté à merveille, plus puissant et nerveux, développé de la première à la dernière track avec la justesse de quelqu’un qui sait ce qu’il fait et qui pousse sa musique vers l’avant.
Une fraîcheur bienvenue.

Tracklist :

1. New Colour
2. The Animal Pattern
3. As A Child [Ft. Machinedrum]
4. Lying In The Reeds
5. Dragon Blues Eyes
6. Crystal Caverns 1991
7. Raindance
8. Dream Girl / Sky Surfer
9. Earth’s Lungs
10. Cthulhu [Ft. Machinedrum]
11. Stands Tidal Waves
12. Spirals [Ft. Anneka]

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