Loops Haunt – Exits

Loops Haunt laisse parler sa créativité sur ce premier album générant une ambiance persistante, exigeante et incertaine.

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7.8

10

Par Guillaume Thibault
Publié le 11 mai 2014 | 11:05

Le parcours de Loops Haunt est atypique. Remarqué en 2009 pour ses productions hip hop aux sonorités rudes et industrielles, il est associé à la scène beats en pleine émergence outre-Manche.  Mais au lieu de profiter de l’engouement autour de ce genre, il reste énigmatique et prend rapidement ses distances avec le milieu. Il rejoint  ainsi  Black Acrele label bristolien de Dark Sky, Fantastic Mr Fox ou encore Blue Daisy. Entre les approches expérimentales et dancefloor, Loops Haunt change de direction pour approfondir l’expérimentation sonore.  Ce sont les possibilités offertes par la manipulation du son autour du hip hop à 90bpm qui l’intéressent dans ses premières productions. Chez Black Acre il se détache de ce modèle, pour exprimer le plus librement possible son imagination, encouragé par Ian Merchant, le boss du label.  Après deux EPs en 2011 et 2012, il présente son premier album.

 

Exits est construit autour d’un rêve, le rêve d’une étrange mélodie pénétrante, qui résonne dès les premières secondes de « Howl », distante et bizarre. Le reste de l’album découle de cette première mélodie, qui définit une ambiance générale. « Howl » occupe donc une place centrale. Les autres morceaux possèdent également cette ambiance étrange et rêveuse, « Trapdoor » ou « Hollowed »  capturent ce sentiment de rêve, qui dérive lentement autour d’un thème,  un labyrinthe de sons qui se perdent dans l’air. Les samples jouent un rôle primordial dans l’album, bien qu’ils ne soient jamais mis en avant, ils créent l’ensemble des sons, des instruments métalliques, des cliquetis distants, des sirènes, des oiseaux qui se fondent dans l’ambiance. Quelque uns retiennent l’attention comme le sample vocal sur « Ellum Tonal » donnant au morceau un côté éthéré évoquant une version plus minimaliste encore de The Field.

Dans la deuxième partie de l’album, le rêve prend totalement le dessus, avec par exemple sur « Tunneling » et « Fissure » des drones menaçants, l’un envahissant, l’autre au bord du silence. Ils donnent à l’album son côté ambient. Ces morceaux, comme des fragments de songes, glissent doucement, ils sont prenants mais à peine terminés, ils disparaissent de la mémoire, difficiles à saisir. Pour rompre ce flou vaporeux, Scott Douglas choisit de placer un morceau résolument dancefloor : « IIVA « , un hommage à ses influences, possédant la même dense nappe sonore que les autres morceaux tout en se détachant fortemen de par son rythme acid,constituant un hommage direct aux sons de Rephlex. « Hex » dessine ensuite un souvenir lointain d’une rave qui résonne au loin, au milieu de grincements inquiétants et de cris perdus.

 

Exits est un travail autour de quelques idées et thèmes simples, hautement travaillés et sculptés avec beaucoup de finesse, le choix de l’enchaînement des morceaux donne un rendu cohérent et une atmosphère inquiétante et prenante. Scott décrit son album comme le produit d’un univers très personnel, mais cet aspect est enfoui et difficile à déceler. Cet album est une aventure ambitieuse, le musicien sait qu’il s’écarte de ce pourquoi Loops Haunt est connu. En laissant exprimer sa créativité, il crée une ambiance persistante, exigeante et incertaine.

Tracklist :

01. Exits
02. Trapdoor
03. Hollowed
04. Ellum Tonal
05. Run Young
06. Howl
07. Tunneling
08. IIVA
09. Hex
10. Fissure
11. Tymadlyb

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