Lord of the Isles – In Waves

Lord of the Isles offre un très beau premier album, qui nous emmène vers des mondes sonores à contempler.

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8.0

10

Par Marco Ferrandini
Publié le 30 novembre 2016 | 7:43

C’est un monde peuplé de quelques animaux, les nuages baignent dans la mer et les montagnes côtoient des cascades fluorescentes, des nuées d’oiseaux. La perspective est trompeuse, des arbres sacrés émane leur propre lumière. Des indices laissés et discrets, des anecdotes suggérées : un livre posé par terre, une main lançant des dés. Le premier contact, visuel, avec In Waves, premier album de Neil McDonald a.k.a Lord Of The Isles, se fait avec sa magnifique pochette. On pourrait se demander si elle a été imaginée à l’écoute de sa musique ou par le seul esprit de l’artiste, Hassan Rahim. Elle est en tout cas un fait évocateur du monde sonore duquel on s’approche, ou du moins que l’on croit apercevoir – à moins qu’il ne s’agisse d’un rêve.

En l’espace de quinze titres, Neil McDonald s’improvise finalement autant musicien que peintre, jonglant avec les textures, les paysages qu’il nous dessine mentalement à l’aide de nappes synthétiques et phréatiques, sans académisme. On se retrouve baladé d’un monde à l’autre, de l’ambient jusqu’à la house. Les repères se font rares, on ne fait qu’avancer dans de nouveaux tableaux : on ne compte pas un seul refrain durant l’album, mais un entrelacement de sonorités qui se répondent les unes aux autres entre chaque morceau, de douces lignes acides que l’on a toujours plaisir à retrouver avec un très grand sens de la mélodie.

Les sonorités vont piocher dans une multitude de genres, ce qui n’est guère étonnant pour le label ESP Institute de Lovefingers, qui a une définition très large de la musique électronique et dance. On peut ici danser, pleurer, s’évader en même temps. L’introduction « Airgoid Meall » envoie instantanément dans le cosmos : on se verrait bien en tenue d’astronaute, jusqu’à ce qu’arrive finalement une rythmique qui fait vite regretter l’absence de dancefloor dans ce vide galactique. Sur « Years Away », la nostalgie n’est pas très loin. Des titres comme « Weh-In », « Yanomami » ou « Skylark » peuvent être aisément placés dans un set de dance aventureux. « Gravity Waves » s’adonne à une espèce de house clopinante avec la seule émanation humaine de l’album, une voix grave et sensuelle. Tout cela est accompagné par des morceaux ambient comme « Gualainn », parfois sans beat aucun et parsemé d’enregistrements de field recordings qui feront rêver les citadins de grands espaces.

Cet album transpire la cohérence, mais aussi la beauté. In Waves est  un album dans le sens propre du terme, que l’on a envie d’écouter d’un bout à l’autre, même si l’on peut également en contempler les différentes parties. Sa richesse se creuse toujours plus au fur et à mesure des écoutes. Lord of the Isles offre une très belle sortie dont il ne faut rien attendre : on se contentera de s’y délasser, en se laissant emmener par le disque, que ce soit sur une plage de sable au soleil, dans un espace intersidéral ou vers les mélancoliques côtes écossaises.

Tracklist :

01. Airgoid Meall
02. Years Away
03. Liobasta
04. Obar Liobhaite
05. Weh-In
06. Expansions
07. Gualainn
08. Yanomami
09. Offline
10. Three 2BU
11. Gravity Waves
12. Meserole Ave
13. Skylark
14. Plasma Nomad
15. Jump

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