Martyn – Ghost People

Martyn explore les genres avec une aisance quasi-malicieuse.

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7.2

10

Par David Robert
Publié le 7 octobre 2011 | 0:52

Alors que la popularité du dubstep, genre aisément reconnaissable originaire des banlieues sud de Londres, a probablement déjà atteint son apogée (pour le meilleur ou pour le pire), ce dernier s’étant même développé jusqu’à apparaître dans certaines publicités bien loin d’être réservées aux seuls initiés, il est paradoxalement assez fréquent de voir de nombreux artistes n’ayant à priori que peu d’affinités avec le genre s’y intéresser (et parfois même y briller, comme en témoigne le récent “Avenger” signé Hecq, chroniqué ici) tandis que d’autres qui ont participé de près ou de loin à la popularisation du genre s’en détournent, à l’instar de l’allemand Martijn Deykers, alias Martyn.
En 2009, suite à de nombreux EPs pour le moins prometteurs sortis ici et là (Revolve:r, Play:musik, 2024 ; entre autres), Martyn accouchait finalement d’un premier album tout à fait honorable : “Great Lenghts”. Si les puissants wobbles et les rythmiques syncopées qui composaient ce dernier ne laissaient aucun doute quant au genre exploré, il était pourtant déjà difficile d’y apposer l’étiquette réductrice de “dubstep” tant le disque se différenciait par son mélange des genres du courant alors en pleine expansion.
Plus de trois années plus tard, l’homme semble définitivement avoir choisi de transcender le genre et de continuer ses explorations avec un excellent nouvel opus : “Ghost People”.

Il y a maintenant près de deux mois, paraissait “Masks/Viper”, premier single issu de “Ghost People”. Dès lors, le ton était donné : alors que l’homme déroulait avec l’excellent “Masks” une deep-house savoureuse à souhait qui aurait pu sans problème être estampillée d’un Dial Records, “Viper” révélait une future house/garage beatless psychédélique au possible et totalement annonciatrice de cette volonté d’expérimentation toujours plus poussée sur laquelle repose le disque ; après tout, le choix de sortir ce dernier sur Brainfeeder, label de l’émérite Flying Lotus, n’est probablement pas innocent.
Comme l’on pouvait légitimement s’y attendre, le reste du disque ne dépareille pas d’une once en matière de pluralité des genres ; c’est bien simple : l’homme touche à tout, mais il le fait bien. Qu’il s’attaque à l’UK Garage avec “Distortions”, qu’il ramène la house à ses origines avec le très bon “Twice As”, qu’il continue sur le chemin de la deep-house calibrée de “Masks” avec “Ghost People” ou encore qu’il explore les contrées envoutantes de l’ambient sur “Bauplan”, Martyn fait preuve d’une grâce sans égal et parvient à conserver une cohérence dans la diversité.
Du côté des points culminants du disque, le titre éponyme et l’outro de l’album se partagent la palme.
Alors que le premier marrie une techno minimale d’influence Detroit avérée à des nappes et percussions chaleureuses de la house pour un résultat tout à fait exquis, “We Are You In The Future” se révèle à la hauteur de son titre et un parfait résumé du disque, l’homme y explorant les genres avec une aisance quasi-malicieuse pendant plus de 8 minutes de pur plaisir.

Tracklist :

01. Love And Machines (ft Spaceape)
02. Viper
03. Masks
04. Distortions
05. Popgun
06. I Saw You At Tule Lake
07. Ghost People
08. Twice As
09. Bauplan
10. Horror Vacui
11. We Are You In The Future

 

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