Mike Parker – Lustrations

L’univers de Mike Parker nous est servi sur un plateau d’argent, c’est une signature, et elle est arrogante. Elle est inimitable.

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8.6

10

Label

Genre

Par Morgane Pelletier
Publié le 13 août 2013 | 17:01

12 ans que notre cher Mike Parker n’avait pas produit un album. Après Dispatches, sorti en 2001 sur son label Geophone, c’est au tour de Lustrations de faire son apparition en juin dernier sur le talentueux label Prologue, celui-là même qui avait sorti, deux ans auparavant, Pulse Trader E.P et Subterranean Liquid E.P. Multipliant ses sorties sur son propre label, sur Semantica ou Tsunami Records pour ne citer qu’eux, ses collaborations avec Perc, Donato Dozzy ou bien Reeko, c’est donc sur le label munichois à qui l’on doit entre autre des sorties de Samuli Kemppi ou Cassegrain qu’il propulse cette année ces douze nouveaux titres.
Une pochette vinyle aux visuels similaires à ceux de ses EP, un son masterisé également par Neel de Voices From The Lake (du même label, tant qu’on y est), Mike Parker nous présente cet album comme une suite à ses projet, son œuvre, entièrement composé à la demande de Prologue qui a su l’inclure parfaitement dans son catalogue irréprochable, électroniquement envoûtant et profond.
 

Au commencement, Lustration One. Presque 7 minutes, et nous voilà transportés dans une atmosphère nouvelle. Et ce n’est que le début. Cet album est une suite de morceaux qui s’enchaînent et se rejoignent, une écoute jamais linéaire, on se retrouve enfoui sous des tonnes de sonorités, qui vont des plus claires au plus obscures. Une confrontation entre le jour et la nuit. Jusqu’au numéro quatre, quelque chose est en train de se passer. Quasi semblable à un immense et tumultueux tourbillon d’eau, on est happé dans les profondeurs de l’océan.

Les nappes sont aquatiques, les rythmes résonnent comme à l’intérieur d’un sous-marin. C’est lugubre, et pourtant, la magie opère. On pourrait qualifier Lustration Five de plongée dans les abysses, et c’est réellement après celui-ci qu’on entre dans l’élaboration et la profondeur de la musique de Mike Parker.
Un son aérien, un son aliéné. De l’écho, de la distance. Une techno résolument, absolument atmosphérique. Lustration Six. Le kick nous secoue déjà, on expérimente de nouvelles choses, la pression se construit, elle se structure. Et elle correspond mélodieusement bien avec la numéro 7. On trouve dans cette seconde partie une harmonie entre chacune des tracks. Comme une impression que chaque son, chaque bruit, chaque seconde produite est un tunnel donnant sur un autre morceau, pour ne former qu’une suite logique et inéluctable. Aucun échappatoire.

Lustration 9. Le morceau le plus difficile de cet album. C’est bourdonnant, énergique et brutal, contrastant avec la basse claire. Le Lustration Ten qui le suit est tout autant son homologue, de façon moins radicale et plus deep cependant. La dernière face du disque comprend le numéro 11 et 12. On retrouve un groove dans les kicks, c’est spatial, c’est un travail certain, on perd haleine. Mike Parker clôture ainsi de façon exemplaire cette plongée en eaux troubles.
 

Dans son interview pour Resident Advisor le 12 juillet dernier, l’artiste parle de ce nouveau projet et l’explique, à sa façon : « (…) certaines de ces tracks sont destinées à être mises ensemble. On ne va pas vous dire lesquelles, mais pour sûr, il y en a quelques unes qui sont similaires, et quand vous commencez à les combiner, peut-être que quelque chose de nouveau se crée alors. » Un album pour DJ, ajoute-t-il, mais pas seulement.
C’est de là que Mike Parker tire toute son originalité à travers cet album, son univers nous est servi sur un plateau d’argent, c’est une signature, et elle est arrogante. Elle est inimitable.

 

 

Tracklist :

01 – Lustration One (Khonsu)
02 – Lustration Two (Nor’easter)
03 – Lustration Tree (Atlantic)
04 – Lustration Four (DaiKaiju)
05 – Lustration Five (息)
06 – Lustration Six (Megalith)
07 – Lustration Seven (Forms)
08 – Lustration Eight (Contours)
09 – Lustration Nine (Drums)
10 – Lustration Ten (Pressure Zone)
11 – Lustration Eleven (Sarychev)
12 – Lustration Twelve (Dericho)

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