Mildlife – Phase

Un voyage intersidéral à base de cordes, de synthés futuristes et de groove disco et afro-beat : voici Phase, le premier album du groupe australien Mildlife.

Mildlife - Phase

8.5

10

Par Tschani Boulens
Publié le 27 avril 2018 | 10:12

Space is the place, le fameux film de science fiction du gourou de l’afrofuturisme Sun Ra pourrait bien être le sous-titre du premier album de Mildlife. Evoluant dans un registre disco-jazzy-funk, le groupe australien nous transporte dans un univers où le seul élément qui nous fait garder les pieds sur terre est son groove.

C’est sur le tout nouveau label basé à Melbourne, Research Records, qu’est sorti le mois dernier Phase, le premier projet long format du groupe. Cet album contient une myriade de styles et d’influences diverses, mais cela ne nous étonne peu lorsque l’on sait que la première sortie du label n’est autre que le projet solo de Damo Suzuki, l’excentrique chanteur du groupe aux mille expérimentations Can. En pleine phase avec son époque, Mildlife fait ressurgir les influences afrofuturistes, de la P-Funk de Parliament à la disco électronique de Giorgio Moroder. Oui, en phase avec son époque, car l’assimilation avec le groupe Yussef Kamaal, qui a ravivé récemment l’esprit funk londonien, saute forcément au yeux.

Mais loin de surfer sur la vague nu-funk, Mildlife nous offre six morceaux bien différents les uns des autres portant leurs influences propres. Le premier morceau « The Magnificient Moon » de loin le morceau le plus disco friendly démontre la quintessence des synthés sur une production instrumentale et sonne surtout comme un décollage immédiat pour un autre monde. Le second morceau « Zwango Zop » est quant à lui bien plus funk, avec des petits vocaux qui volent au dessus des riffs de guitares à la Nile Rodgers, eux-mêmes soutenus par un duo basse-batterie qui groove avec précision. Les petits congas accompagnés d’un solo de guitare spatiale rajoutent la petite touche africaine. C’est d’ailleurs l’afrobeat qui est à l’honneur sur le troisième morceau « Im Blau » qui emprunte librement les rythmes de Tony Allen ; sur cette track le groupe nous transmet une envie de danser tout en nous confinant dans une matrice psychédélique portée par les synthétiseurs rétro de Kevin McDowell. « Phase » le morceau titre de l’album fait redescendre la tension vers une méditation cosmique jazzy très imagée qui rappelle le groupe trip-hop The Cinematic Orchestra. L’influence jazz se fait d’ailleurs de plus en plus sentir le long de l’album comme si l’on avait atteint l’espace intersidéral avec le cinquième morceau « Two Horizons ». La touche électronique jusque là portée par le claviériste se couple avec les effets de phase sur la voix d’Adam Halliwell qui donne une impression d’espace. Avec le dernier morceau « The Gloves Don’t Bite » on assiste à l’atterrissage sur une planète inconnue ; ici aussi on sent l’influence afrofuturiste symbolisée par la guitare aux sonorités de la rumba congolaises et les pads de synthés qui font penser au nouveau chouchou de Ninja Tune Romare.

Phase est donc un album parfait pour un décollage de soirée, entre dancefloor et canapé, il repose sur une production rétro mais parfaitement lisse (peut-être quelque fois un peu trop?). L’album confirme la tendance space jazz revival portée par des musiciens tels que Kamasi Washington, Thundercat ou encore Terrace Martin qui ne cesse d’influencer les autres styles, du hip-hop de Kendrick Lamar à la house de Against All Logic.

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