Minimal Orchestra – Laïka’s Take Off

Minimal Orchestra nous propose un bel album planant et entraînant à la fois, un vol direct vers des contrées musicales où il n’existe pas de frontières.

artwork_minimal_orchestra_laika_take_off

8.0

10

Par Jeanne Gorisse
Publié le 29 novembre 2016 | 7:50

Après près de dix ans d’absence au format physique, le groupe Minimal Orchestra fait son retour et dévoile Laïka’s Take Off, un troisième album de jazz électronique signé sur I.O.T. Records. Le projet raconte l’aventure de Laïka, la chienne qui fut le premier être vivant à être envoyé dans l’espace. Sur cet album, l’homme et la machine prennent place à bord du même vaisseau pour s’envoler ensemble vers d’autres galaxies sonores.

Sur des beats parfois hip-hop, les sons des machines se mêlent à ceux de la contrebasse ou de la basse électrique. On retrouve dans les morceaux de cet album un esprit d’orchestre : des instruments très différents les uns des autres jouent ensemble, se superposent et se complètent jusqu’à l’heureuse fusion. Le duo toulousain abolit la dichotomie entre instruments électroniques et acoustiques, comme sur le morceau « Agathe », qui commence par une simple mélodie de contrebasse en pizz. Le son est très organique : on entend le bruit des cordes tirées qui claquent sur le manche, le craquement du bois de l’instrument, les harmoniques qui résonnent dans la caisse. On croit même un instant percevoir le souffle du musicien. Des échos électroniques, inquiétants, résonnent soudain, se font de plus en plus fréquents pendant que la contrebasse reprend le même air, mécanique comme une machine elle-même. La mélodie est déformée, résonne artificiellement jusqu’à éclater en résonance électronique : elle n’était qu’un rouage de cette machine à musique.

Laïka’s Take Off est un album expressif, qui nous emporte facilement dans l’univers du groupe. Sur un morceau comme « Pool Party », on entend clairement l’alternance entre l’eau et la fête : les phrases funky au son club laissent place à des parties plus fluides et inquiétantes comme les bas-fonds d’un océan, jusqu’à ce que tout se mêle encore une fois et que les reverb aquatiques pénètrent le monde de la fête. On sent le plaisir qu’ont les musiciens à jouer,  sur « Chickens and Seashells » par exemple, le titre le plus excentrique, qui commence par une drôle de mélodie proche de celle d’un jeu Mario, et se construit comme un joyeux medley autour de ce thème de départ, rappelant la formation jazz du duo.

Avec Laïka’s Take Off, Minimal Orchestra nous propose un bel album planant et entraînant à la fois : un vol direct vers des contrées musicales où il n’existe pas de frontières.

 

Tracklist :

01. Baikonour
02. Laika’s Take Off
03. Pool Party
04. Agathe
05. Badliver
06. Poires
07. Qu’est-ce qu’il y a
08. Chickens and Seashells
09. Bonestrip

Vous aimerez surement

    Leave a comment

    Articles populaires

    Chargement des articles...
    Le chargement des articles a echoué, une nouvelle tentative va être effectuée automatiquement dans 5 secondes.

    Back to Top