Mnemonic – Hörsinn

Ne pas oublier le trémas.

hoersinn

7.6

10

Par David Robert
Publié le 8 février 2011 | 22:57

Certaines personnes refusent le changement, s’accrochent à leur acquis sans jamais les remettre en question. Quitte à tenter quelque chose qui pourrait être risquée, autant se mettre en position poids mort et tourner en rond pour faire semblant d’avancer.
Mnemonic
(seul depuis 2009) ne fait absolument pas partie de ceux là. Les senteurs synth-pop industrielles rêches et assez froides (pas forcément malodorantes ceci étant dit) qui viraient presque EBM à certains moments (un moins arômes vanille pour le coup) des premières galettes se sont dissipées petit à petit pour laisser place à un versant aux émotions bien plus douces et organiques sur les derniers albums. Mais bien que le mélange de ces deux penchants ait donné naissance au génialissime “Monokultur” (sur M-Tronic) en 2006, Michael Belletz semble aujourd’hui définitivement sorti des noires abymes. En demeure tant bien même des souvenirs un brin ternes, que Mnemonic nous livre d’une manière magnifique avec ce “Hörsinn”, paru en novembre sur Halbsicht Records.

Un premier titre donne généralement les couleurs de l’album, la direction, il nous prépare à la suite, donne des billes. Á l’inverse, c’est d’une seule traite et sans prendre le temps de prévenir que le sublime “Hiersenn” nous engloutit corps et surtout âme dans ses nappes à la profondeur insondable et à la texture maritime. Et si parfois on se demande si un tel démarrage ne servirait pas uniquement de belle mise en avant pour accrocher l’auditeur sans que le reste du wagon ne suive en qualité, il n’en est rien. “Miasma” en suivant, bien que plus aérien, se joue de splendeur avec le premier titre. Mais voilà que que “Empathie” tirerait aussi de son côté le miroir pour savoir qui aura la palme de la magnificence, et ainsi de suite ?
Oui et non. Assurément oui car chaque titre se veut encore plus radieux que le précédent ; mais assurément non car la cohérence de l’ensemble est indéniable, chacun des titres relevant en premier lieu d’un tout incroyablement soudé au dessein unique de porter une beauté si salvatrice, et pourtant si triste.
C’est donc en véritables fer de lance de vénus que sont utilisés au fil des 11 morceaux les nappes de synthés resplendissantes de brillances, le piano diapiasoné en hauteur dont les résonances trouvent aussi échos dans la moindre de nos pensées, ou encore le glitch satiné des rythmiques aux semblants hip hop.

L’avocat du diable tenterait bien une dernière remarque :  « Évoluer au fil des releases, c’est très bien, (bravo, clap-clap) mais évoluer  tout du long d’un album, c’est bien aussi. Du coup, cette beauté un peu dépressive, je veux bien, mais comment 60 minutes de sentiments monolithiques peuvent-ils tenir en haleine l’auditeur sans tomber rapidement dans une naïve redondance et une linéarité clairement ennuyeuse ? »
Eh bien, la réponse tient en 7 lettre.
N’oubliez pas le trémas sur la seconde.

 

Tracklist :

01 – Hiersein
02 – Miasma
03 – Empathie
04 – Violette Tinte
05 – Neonweisse Leere
06 – Das Verkaufte Lachen
07 – Abstrakte Gefuhle
08 – Elend.Ende
09 – Zeitraffer
10 – Menschenlarm
11 – Weg Von Mir

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