Mo Kolours – Mo Kolours

Mo Kolours présente son univers, fusion lo-fi entre soul, hip hop, dub, r&b et house.

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7.7

10

Par Guillaume Thibault
Publié le 8 avril 2014 | 11:40

Joseph Deenmamode est un amateur d’expérimentations entre les genres. Rapidement remarqué par Gilles Peterson au début de sa carrière, le jeune mauriciano-britannique s’installe sur One Handed Music. Un choix logique puisque son boss Alex Chase est un acolyte de Chris Manak avec qui il a longuement collaboré chez Stones Throw en tant que responsable en Europe, avant de lancer son propre label.  Sur One-Handed sont mis en avant des artistes européens tournés vers le hip hop comme Tranqill ou Paul White, la soul ou encore la disco comme Bullion et Fulgeance. Le style de Mo Kolours prend ses racines dans tous ces différents genres.

 

L’évolution vers l’album lui permet d’aborder son univers particulier sous un nouveau format. Un éponyme laisse déjà présager que plus qu’une construction particulière sur un thème, celui-ci est une synthèse du style et des influences de Mo. La fusion des genres est l’un des aspects principaux de l’album . Le premier morceau, « Brixton House » est une réinteprétation personnelle du son de Chicago. Une mélodie et un sample classique renforcés par une sirène de police, des sons typiques de la house old school sont contrebalancés par des claquements de main lo-fi. les styles fusionnent et se succèdent,du dub de « Curly Girl » ou « Child’s Play » au hip hop sur « Streets Again » ; ailleurs, « Mike Black » ou « Say Word » nous offrent même quelques instants R&B.

Cette variété est soutenue par la continuité des percussions tribales qui parsèment l’album. Elles culminent sur « Afro Quarters », un morceau instrumental situé au milieu de l’album, point central entièrement focalisé sur ce jeu de rythmiques. Dans les autres morceaux, Joseph prête sa voix nonchalante pour dépeindre un quotidien trivial. Les paroles sont naïves et décrivent un univers simple. Ce choix contribue à l’immersion dans le monde  lo-fi de Mo Kolours. Il parle de son chien, des enfants qui jouent ou des gens qu’il croise. Dans les thèmes abordés comme dans la musique, c’est la découverte d’un univers personnel qui est proposée. Ainsi les samples choisis, les influences mauriciennes ou anglaises sont des références au passé du musicien rassemblées le temps d’un album.

 

Construit en fragments qui forment un ensemble homogène, chacun des passages appelle le suivant et le tout s’écoute comme un mix continu. Certains retiennent particulièrement l’attention, comme l’entêtent chant de « Little Brown Dog », l’étrange morceau de house joué à l’envers « Lighter Break » ou le riddim de « Child’s Play » illustrant le talent de Mo Kolours pour manipuler aussi bien la basse que le chant.  Seul « Mike Black » semble rompre l’uniformité. Distinctement séparé du reste des morceaux, celui-ci s’écoute comme un composition indépendante, plus construite. Sur cette structure plus traditionnelle, la formule se révèle tout aussi efficace. Syncrétisme entre différents univers, celui de Mo Kolours est à la fois agréable et intrigant et la réussite sur le format de l’album comme celui du single laisse présager d’autres productions encore plus intéressantes pour la suite.

Tracklist :

01 Brixton House
02 Little Brown Dog
03 Curly Girly
04 Love For You (Humbeat)
05 Mike Black
06 Lighter Break
07 Say Word
08 Afro Quarters
09 Take Us (Interlude)
10 Streets Again
11 16-bit Slaves
12 In Her Eyes (Funk Heart)
13 Child’s Play
14 Natural Disasters Wish List
15 Other Day House
16 Play It Loud (In Your Car)
17 Shepherd
18 Straight Ruk ft Jeen Bassa

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