Mondkopf – The Nicest Way

Un choc, autant interne que frontal, expressif et sans retenue, d’une sincérité quasi-brutale. Voilà ce qu’est la dernière expérimentation de Mondkopf.

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8.5

10

Par Yann Bougaret
Publié le 3 mars 2013 | 17:47

Un choc, autant interne que frontal, expressif et sans retenue, d’une sincérité quasi-brutale. Voilà ce qu’est la dernière expérimentation de Mondkopf. Après trois albums progressivement orientés vers l’electronica dans ce qu’elle a de plus sombre et le drone, le toulousain s’engageait avec Ease Your Pain, sur son label In Paradisium, dans une dynamique de progression plus brute et techno. La nouvelle fournée, résolument plus mature, plus encrée et peut être plus intègre, sort cette fois-ci chez Perc (dont l’interview est à lire ici).
Faut dire qu’à vingt-sept ans bientôt, le toulousain a déjà parcouru un bon bout de du chemin. On ressent à travers cette transportation sonore l’extirpation d’un voyage dans les tréfonds de l’être, l’affirmation intégrale et sans concession de ce l’on pourrait nommer « la volonté première », « l’instinct primitif » ou « l’énergie libératrice » ; en somme ce que nous pourrions dessiner comme une sorte : « d’orage intérieur ».

Paul Régimbeau produit pour Ali Wells mais ne se trahit pas. Les notes sont abrasées dans leurs textures : on y reconnait sans hésitation cette touche qui lui est propre, superposant les nappes et créant des ensembles à travers une propagation progressive et puissante. Les accalmies quant à elles nous surprennent encore dans leur ampleur entre les frappes et les impacts maitrisés. « Ruins » résonne comme une vibration sondant des chemins inconnus, l’émotion qui s’en dégage est la marque d’une qualité certaine. Techno dans l’esprit mais pas nécessairement dans la forme, The Nicest Way ne peut que difficilement être catalogué, et « No Icons » nous le rappelle. Ces rythmes, cette force dans la composition marchent à présent sur d’autres domaines.
Si « 33 000 Bells » conclut l’EP, c’est avec autant d’honnêteté qu’elle pourrait l’introduire. Le tracklisting pourrait s’inverser sans soucis, la boucle se fermerait alors avec autant d’aisance. Le discours que renvoie ce maxi est définitvement complet.

Il y a ici quelque chose « d’érosif » dans le sens premier du terme, à savoir la transformation du relief qui est causé par tout agent externe. Sauf qu’il s’agit de vos reliefs intérieurs, des territoires de votre esprit qui se retrouvent métamorphosés par les éléments extérieurs. Ces mêmes éléments sonores qui vont venir travailler et modeler ce que vous êtes, cette métamorphose-là qui vous courbe le regard sur ce qu’est la véritable érosion. Ce concept est parfaitement exprimé dans The Nicest Way qui, à travers ces mélodies purgatrices, sculpte l’auditeur et, dans un même temps, est son propre sculpteur.
La catharsis réside dans cette faculté paradoxale. C’est dans cette mise en scène que l’absorption par le son de sentiments désagréables, d’angoisses ou de souffrances, se transforme en quelque chose de beau, de poétique. L’usure peut créer des choses sublimes. L’art de combiner les vibrations provoque ainsi son expression et par la même occasion son épuration.

 

 

Tracklist :

A1 : No Icons
B1 : Ruins
B2 : 33 000 Bells

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