Monokle – Mirrors

C’est un magma de mélodies à l’envers ou pas, claires ou complètement pitchées que Monokle offre à nos oreilles.

Monokle-Mirrors

7.9

10

Par Dany Abou-Jaib
Publié le 8 mai 2013 | 9:06

Monokle, c’est un russe productif de 26 ans, signé chez les allemands de Ki Record : ce label dont fait partie entre autres Christian Löffler et qui attache une aussi grande importance aux qualités artistiques au sens large de ses protégés qu’à leur musique. En 2012, il a sorti son cinquième LP “Saints”, dans lequel il mêlait des sons bruts et irréels à ses mélodies efficaces, jouées par des armées de synthétiseurs aux textures épiques et torturées; il y rallongeait les syllabes, avec lesquelles il se permettait de créer quelques harmonies et même à une chanteuse de poser et superposer sa voix sur la track “slower”.
Dans chacune de ces productions, l’auditeur peinait à distinguer les bruits blancs des sons concrets, et l’on découvrait sans arrêt, au fil des écoutes, de nouvelles mélodies. Sur cet album, on ressentait quelque peu des influences anglaises dans les hats étouffés, ainsi qu’un travail minutieux sur les sons percussifs et si claquants qu’on peinait à décider s’ils étaient métalliques, digitaux ou organiques, à l’image d’une certaine vague de techno.

Monokle, cependant, ne s’interdit absolument pas d’ajouter sa touche personnelle à ses compositions : s’il juge qu’il faut un phaser ou même un flanger, que ce soit sur une voix ou sur un shaker, il ne tentera pas de le masquer par pudeur. Ça sonnera peut-être douteux, mais ce sera amené d’une façon tellement subtile que ça passera; de la même manière si c’est un bête piano ou un orgue qui doit jouer telle mélodie, il n’hésitera pas à le laisser tel quel, et cette économie dans le sound-design est clairement bénéfique pour l’ensemble.

 

Fin Avril 2013, ce dénommé Vlad Kudryavtsev a sorti sur le label russe Fuselab un EP intitulé, “Mirrors”.
On y retrouve les caractéristiques de Saints, avec une évolution très agréable : l’ajout de nombreux layers de percussions parfois très filtrés, d’autre fois merveilleusement clairs, ainsi qu’un travail encore plus minutieux sur la combinaison de sons clairs et hypermodifiés : piano, orgue ou guitare sont toujours présents sous toutes leurs formes possibles, et sont souvent masqués par des synthés ronds qui sonnent incroyablement bien dans leur reverb de cathédrale. Les voix, parfois presque vocodées à l’image de « Vigo », ainsi que les notes de guitare cinglantes de « Say », sortent d’un bruit blanc omniprésent, tout en étant à chaque fois différent ; sorte de nuage que percent parfois des cymbales brillantes, comme dans « Garden ».
C’est un magma de mélodies à l’envers ou pas, claires ou complètement pitchées que Monokle offre à nos oreilles. Un magma qui, mêlé à ses constructions rythmiques mécaniques, nous emmène dans le coeur d’un paysage de machines métalliques dansantes qui s’entrechoquent en s’illuminant. Tout cela crée une musique aux rythmes recherchés, entrainants et parfois syncopés, qui se promène toutefois aux frontières de l’ambiant. On est tenté d’utiliser en même temps les qualificatifs “aérien”, « robotique » et “centrifuge” pour décrire ce qui s’en dégage; une sorte d’électricité sonore qui semble à peine retenue, de sorte à ce qu’elle n’explose tout juste pas nos hauts parleurs.

 

Tracklist :

1.Say
2.Mirrors
3.Vigo (w/ Milinal)
4.Garden

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