Move D – The Silent Orbiter

Move D revient à l’ambient pour rendre hommage au grand Pete Namlook, décédé le 8 novembre 2012.

Move D - The Silent Orbiter

7.5

10

Label

Genre

Par David Robert
Publié le 19 février 2014 | 16:56

S’il est admis que Move D est une des figures de proue de la scène house, il ne faut pas oublier que le parcours qu’il a emprunté n’a pas été linéaire. En effet, c’est au travers de nombreux genres que l’allemand David Moufang a démontré son talent, avant d’aborder les contours d’une house aux accents deep et ouatée qui en ont fait sa marque de fabrique. Une patte qui ne peut qu’être mise en relation avec son background et la musique ambient dans laquelle il s’est plongé de nombreuses années et via laquelle il a travaillé avec Pete Namlook.
Fondateur de l’institution qu’est le label FAX +49-69/450464 et producteur sans cesse en train de travailler la matière analogue sonore, Pete Namlook était sans aucun doute un des plus grands artistes du genre ambient. Ainsi, « The Silent Orbiter« , n’est pas qu’un album qui marque le retour à l’ambient de Move D, c’est avant tout un hommage au grand Peter Kuhlmann alias Pete Namlook, décédé le 8 novembre 2012.

 

C’est dans les abysses océaniques que commence ce voyage. Si ombres sne sont pas présentes dans le tableau que dessine David Moufang c’est parce que la lumière indispensable à les faire danser ne vit pas encore ici.
Mais progressivement la pénombre maritime se disloque, sabrée de part et d’autres par des nappes solaires qui viennent transformer cette fosse confinée en un lieu plus ouvert. Des traces de vie apparaissent, portées par des cliquetis qui roulent au point d’en ronronner. Ces gazouillis secs et craquelants  viennent peu à peu envahir l’espace vide créant une faune qui semble se mouvoir secrètement et dangereusement. Des bleeps retentissent avec des gimmicks percussifs, semblables à ceux de machines : telle l’évolution de l’homme, cette faune rampante vient se lever au contact des plaques de métal et des circuits imprimés.
C’est alors tout un éco-système mécanique et électronique qui semble se créer et avancer. Les machines-outils couplées au numérique travaillent en fond, preuve de l’ère de l’automatisme. Tout semble prospérer ainsi jusqu’à la trentième minute.

Mais à partir de ce moment là une tension grandissante s’installe, tandis que de funestes tambours font trembler les basses fréquences. L’insécurité s’impose petit à petit. Sa progression est sinueuse, latente. De plus en plus palpable, elle en devient anxiogène, rongeant à pas de velours tout sentiment de bonheur qui se trouve à sa portée, embrumant le monde dans un malaise psychotique, lourd et destructeur pendant de longues, très longues minutes.
Seule l’arrivée d’un signal électronique agissant comme un sonar nous permettra de ne pas nous perdre totalement dans ces méandres opaques. C’est alors une combustion synonyme de propulsion qui annoncera la fin du voyage. En quelques secondes, nous sommes mis en orbite dans le vide intersidéral, invités à admirer l’infini qu’il déroule.

 

Des grands espaces, nous revenons ainsi aux grands espaces; de la nuit nous revenons la nuit, là ou la lumière n’est pas;  de l’ambient, David Moufang revient à l’ambient. Car tout n’est que boucle. Et car la poussière redevient forcément poussière.
Repose en paix Pete Namlook.

 

 

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