Mr.K – Rib Rattle

Nouveau venu sur la scène dubstep, Mr.K fait son entrée par la grande porte avec un EP efficace aux lourdes infrabasses chez Wheel & Deal.

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7.8

10

Par Guillaume Schillo
Publié le 12 décembre 2016 | 11:34

Nouvel arrivant dans la scène dubstep, Mr.K s’offre une entrée en matière plus que remarquée. En signant son premier EP sur Wheel & Deal, le label de N-Type, l’artiste nous laisse déjà présager de la qualité de celui-ci.

Appuyé par une grosse sirène dub, le premier morceau de cet EP, « Chit Chat », prend pourtant une toute autre tournure arrivé le moment du drop. Avec une ligne de basse qui semble nous piétiner le visage, soutenue par une batterie extrêmement percussive et clinquante, on peut déjà en conclure que ce Rib Rattle EP porte bien son nom, tant il fait vibrer la cage thoracique dès les premières notes. A ce rythme effréné viennent s’ajouter de lourdes percussions et surtout un sample vocal ultra-syncopé, presque footworkesque, donnant au morceau un rebond qui parvient à se mêler parfaitement à sa construction rythmique. Une sensation de lourdeur écrasante domine l’ensemble du titre, et cet effet ne fait que s’amplifier quand s’ajoute ensuite une mid-bass qui semble nous grogner à l’oreille tel un animal féroce. « Chit Chat » annonce donc clairement la couleur, et laisse présager une suite tout aussi énergique.

Le second titre, « Dope Fiend », n’est de fait pas en reste à ce niveau. Commençant sur un sample vocal distordu, le morceau suscite instantanément un sentiment d’oppression. La basse, extrêmement cadencée, comme si elle avait été passée à l’arpégiateur, vient ajouter une strate a cet ensemble anxiogène. La batterie, quant à elle, se charge de terminer le travail, avec une grosse caisse tachycardique et un ensemble de percussions très métalliques et industrielles. Clairement construit dans l’optique d’être enchaînée lors d’un DJ set, « Dope Fiend » ne bouscule clairement pas les codes du genre, mais au contraire, les utilise de la meilleure des manières pour offrir ce que nos amis anglo-saxons appellent un dancefloor killer, qui ne peut s’exprimer à son plein potentiel que sur un gros système sonore de club.

Arrivé à mi-parcours de l’écoute, nous sommes accueillis par « O.G. », troisième morceau d’un EP qui porte définitivement très bien son nom. Là encore, on reste dans le registre des vibrations de cages thoraciques et des descentes d’organes. Quoi que moins effrénée que les titres précédents au niveau rythmique, avec une batterie construite sur un simple kick/snare diaboliquement efficace, « O.G. » n’en demeure pas pour autant extrêmement lourde et intense. La basse, ici structurée en demi-temps, piétine à intervalles réguliers, et donne l’impression d’une énorme presse industrielle sur vérins qui pulvérise tout sur son passage. Cette construction, couplée avec la simplicité de la rythmique, donne un morceau très espacé, qu’on aurait presque pu qualifier d’épuré s’il n’avait pas été aussi massif dans son atmosphère sonore. D’apparence dépouillé, ce titre n’en reste pas moins terriblement percutant. Du dubstep dans son plus simple appareil, comme pour prouver qu’il n’est pas nécessaire d’en faire beaucoup pour être efficace, à l’heure où les producteurs cherchent parfois la complexité à tout prix.

Il faut attendre le quatrième et dernier morceau de ce l’EP pour que la tempête se calme enfin. Du moins, en apparence. En effet, « Pho » s’introduit sur de douces notes de flûte shakuhachi, immédiatement contrebalancées par une lourde basse au moment du drop, dans la lignée des morceaux précédents : certes moins syncopée, plus langoureuse, mais toujours avec cette sensation de puissance écrasante qui domine. La batterie, quant à elle, accompagne harmonieusement l’ensemble, et s’intercale parfaitement entre la quiétude de la flute et la puissance de la ligne de basse, offrant un équilibre presque schizophrènique au morceau, évoquant le « Nihonto » de Cluekid. Terminant l’EP sur une note plus douce, « Pho » conclut de bien belle manière un EP qui voit l’émergence de son créateur, Mr.K, sur le devant de la scène dubstep. Une entrée en matière qui fait dores et déjà de lui un artiste à suivre.

N-Type ne s’est donc pas trompé en faisant signer ce nouveau-venu sur son label Wheel & Deal. Lourd et massif, ce Rib Rattle EP ne bouscule certainement pas les codes du genre, mais a le mérite de parfaitement porter son nom. Clairement calibré pour sur un sound-system de club, cet EP fait la part belle aux infra-basses lourdes et aux rythmiques frénétiques. Pas révolutionnaire donc, mais terriblement efficace. Du dubstep pur, sans artifices. Pari rempli pour Mr.K, qui s’offre ici une entrée plus que remarquée.

Tracklist :

1. Chit Chat
2. Dope Fiend
3. O.G.
4. Pho

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