Mumdance – Take Time EP

S’affranchissant une nouvelle fois des carcans de la bass music, Mumdance repousse les limites sans se parodier avec ce Take Time EP.

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8.8

10

Par Thomas Renauld
Publié le 7 août 2014 | 11:34

Depuis sa reconversion analogique, Mumdance n’a cessé de nous impressionner de par sa réelle capacité à se renouveler sans tomber dans la caricature. Presque tous les codes de la bass music ont été maîtrisés puis mis à mal par ce que l’on appellera sans difficulté un virtuose de la création. Dans ce nouvel EP, Jack Adams annihile une fois de plus ce qui avait été établi, tout en liant avec brio son œuvre, ce nouvel essai s’avérant une nouvelle fois concluant.

 

« Take Time », single issu de l’EP, entame les débats avec franchise. Après une introduction installant cette tension ludique caractéristique du prodige anglais, Novelist fait directement montre de ses talents du haut de sa maturité pleine d’éloquence, semblant aussi naturelle qu’enivrante. Tandis que les dernier échos de la Roland TR-909 de « Take Time » s’estompent, le choc s’opère. « The Sprawl », deuxième piste de ce maxi, fait fi de toute concession : après une introduction dantesque, c’est un déferlement de sonorités extraterrestres à la limite du descriptible qui survient. Véritable chaos repoussant toutes les limites – qu’elles soient rythmiques ou sonores -, The Sprawl s’érige alors à ce moment en pièce maîtresse de ce disque que l’on pense déjà à son zénith, tant la maîtrise est présente.

L’abnégation de Jack Adams, accompagné de Spyro sur cette troisième track, anéantit néanmoins cette affirmation temporaire. Si   »Don’t Get Lemon«  peut sembler plus classique en jouant moins sur la répétition et la déstructuration que son prédécesseur, elle n’en reste pas moins parfaitement construite à l’aide de ces sonorités bondissantes et de ces mini-rewinds ravageurs. Le morceau prend même des allures de balade mélancolique à l’heure où le break – rappelant l’interlude mélodieux du toujours génial Fact Mix 417 –  survient ; l’enchantement est total. La version instrumentale de « Take Time« , plus violente encore que son alter-ego rappé, force le respect. L’omniprésence de longs silences mais aussi le volume du morceau, distinctement plus élevé, sont des idées parfaitement mises en oeuvre qui impressionnent.

 

Un constat s’impose alors que les dernières résonances électroniques retentissent : Mumdance, qu’il soit seul ou accompagné, réussit tout ce qu’il entreprend et ce d’une manière presque effrayante. Victorieux d’un bout à l’autre du disque, Jack Adams amène l’évidence là où d’autres auraient plongé dans la parodie et la facilité au moment de construire une telle oeuvre, pour le moins ambitieuse. Cela devient presque une routine quand il s’agit d’évoquer Mumdance : les superlatifs s’enchaînent, nous en redemandons et ce n’est pas TECCD018  aka Pinch B2B Mumdance qui entamera notre enthousiasme.

Tracklist :

01. Take Time (feat. Novelist)
02. The Sprawl
03. Don’t Get Lemon (feat. Spyro)
04. Take Time (Instrumental)

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