Nebulo – Castles

Difficile d’accès, retors, puissant: un défi amplement relevé et une perle d’IDM française.

Seeksicksound - Nebul Castles

8.3

10

Label

Genre

Par Adrian Pineau
Publié le 14 novembre 2013 | 15:17

C’est indéniable, les Français savent s’y prendre lorsqu’il s’agit de produire de l’IDM et toutes autres bizarreries qui gravitent autour du genre. Entre Ocoeur qui illuminait nos nuits avec le récent et surtout excellent « Light As A Feather« , les échappées éthérées du nancéen aAirial, les puissantes baffes indus de Diaphane ou encore les défragmentations dubstep/breakcore de Ruby My Dear, la reconnaissance est assurée et cela, même en dehors de nos contrées. Mais ce serait un sincère manque d’honnêteté que d’oublier de lister Thomas Pujols alias Nebulo.
Relativement discret mais résolument présent, il effectuait donc ses premiers pas avec « Kolia » sur l’excellente maison (qu’il n’a pas quitté depuis) affiliée à Ant-zen : Hymen. L’opus présentait ainsi une IDM/electronica saupoudrée avec de l’indus pour donner un résultat légèrement conventionnel mais d’une qualité certifiée.

Évolution, progression et surtout expérimentation, voici les termes adéquats lorsque l’on évoque le parcours du monsieur. On l’avait laissé l’année dernière avec « Cardiac« , album monstrueux qui faisait chavirer les cœurs à coup d’électrocardiogrammes déchiquetés aux ambiances et paysages se dessinant différemment par rapport au premier album. Etait-ce un mal ? Absolument pas. Et c’est dans cette veine que Nebulo avec « Castles » trouve une nouvelle fois son identité et sa particularité.

 

« Popcult » ouvre les portes de ce lugubre et sombre château. Sombre oui, car bien que l’environnement qui se développe ne soit pas spécialement anxiogène, on a le sentiment que la lumière ne sera pas au menu du jour. Sensation qui se confirme avec « Sill » où des drones brumeux et nébuleux accompagnent le beat. Des notes de synthés pointent le bout de leur nez, mais ne font que passer et ce ne sera pas assez palpables pour implanter un quelconque caractère mélodique ou mélancolique. Le travail sur le beatworking est d’une précision implacable et les peu communes fréquences employées s’entrechoquent pour créer un résultat définitivement imprévisible (« Boxxx », « 16″).
Il n’est donc ni question d’homogénéité, ni de constance et l’auditeur non averti pourra se retrouver bien surpris, mais les esprits vagabonds et aventureux trouveront un certain bonheur à s’égarer dans les dédales de cette mystérieuse fondation. Ce sont particulièrement les interludes (« Echory », « Coryza I ») qui mettent en avant l’expérimentation et la prise de risque. Des éclats noisy voire agressifs semblent brouiller les pistes et il est donc difficile de prédire l’évolution de chaque piste.

« Basements » (dont « Vertigo » en est la parfaite introduction) avec son tempo plutôt joueur offre un constat étonnant mais garde une enveloppe très mystique et intrigante bien spécifique à l’ambiance générale du disque. Suivant une vibe presque dancefloor, « Mireor » et   »Sleep Spell » renouent quant à eux avec une IDM glitchée un peu plus classique et laissent présager que jadis, de défunts convives festoyaient en compagnie de ces vétustes sonorités.
Finalement, un faible halo lumineux s’entrevoit sur « Mora » et vient difficilement illuminer cette cours prise d’assaut par une végétation incontrôlable qui, inévitablement, donne sur une porte rustique que l’on pousse sans crainte afin que la conscience s’engouffre à nouveau avec passion dans les couloirs « labyrintheux » de l’édifice.

« Castles » fait donc parti de ces albums dont la première écoute se veut déroutante et amène son lot de questions. Basements (EP paru un mois plus tôt) avait fatalement annoncé la couleur et on n’est finalement pas très étonné de constater que l’opus ne soit pas d’une facilité soudaine et déconcertante.
Mais n’ayez pas peur et faites preuve d’imagination. Il n’en faudra pas plus pour que Nebulo vous retienne prisonnier entre les murs en pierres de sa gargantuesque propriété. En attendant les deux bombes atomiques que lâcheront les américains de Defrag (toujours sur Hymen), l’année 2013 aura vu une ribambelle d’artistes redorer le blason de l’IDM d’une belle manière et, avec une classe indéniable, Nebulo se place au centre de ce fascinant peloton.


Tracklist:

02. Sill
03. Boxxx
04. Echory
05. 16
06. Vertigo
07. Basements
08. Mireor
09. Coryza I
10. Spell Sleep
11. Mora

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    1 Comment

    1. alexskout 14 novembre 2013 at 3:45

      Mais … mais …mais il est fou cet album!

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