Nebulo & Druc Drac – Urbatectures

Quand les bandes sons et interprétations de films par des musiciens sont légions, “Urbatectures” est un exercice un peu moins banal : celui de mettre en musique une BD.

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7.7

10

Label

Genre

Par David Robert
Publié le 10 novembre 2011 | 0:18

Quand les bandes sons et interprétations de films par des musiciens sont légions, “Urbatectures” est un exercice un peu moins banal : celui de mettre en musique une BD.
Créée par le dessinateur François Schuiten et le scénariste Benoît Peeters, “Les Cités Obscures”, la saga en question, se déroule sur une anti-terre possédant une civilisation plutôt semblable à la notre par bien des aspects, mais largement différente aussi : les hommes vivent dans des cités très indépendantes les unes des autres, de la politique jusqu’à l’architecture. Ce dernier point dépeignant à lui seul une bonne partie des modes de l’organisation intra-citadine.
C’est donc la tête coincée dans le reflet obscur de notre chère terre-mère, et plus particulièrement dans son deuxième volet intitulé “La Fièvre d’Urbicande”, que Nebulo, à qui l’on doit un trio d’excellents albums sur Hymen, et Druc Drac, activiste des musiques électroniques dans un spectre large, se sont associés afin de sortir ce “Urbatectures”, publié le 23 septembre sur Hymen.

Le premier titre, “Rive Droite-Rive Gauche” pose dès le départ par le fait même de sa construction façon cadavre-exquis un constat inébranlable : la fusion des esprits entre les deux hommes, aussi différents soient leur background, se fait avec la plus grande des réussites. Des cordes métalliques de synthèse se lient à des déroulées de nappes, des drones immersifs, des bleeps cybernétiques et quelques percussions, créant une atmosphère mouvante de part et d’autres mais pas décousue pour un clou.
L’urbain est le fil d’Ariane de l’album. Bien qu’ambient par nombre d’aspects, ce n’est pas ici les étendues de verdures que parcourent le duo, mais bien les édifices de métal qui constituent et structurent la ville. Alors certes, les angles sont parfois adoucis par le biais de cordes frappées (“Le Jardin suspendu”), par la thématique de l’eau redondante, que ce soit la pluie ou par des textures rappelant les déplacements de liquides, mais rien ne va réellement à l’encontre des logiques de ces constructions humaines savantes et pourtant un brin occultes qui font lois en ce monde à l’image du cube de Robick. En ce sens “Brigade Architecturales” est une sacrée salve démonstratrice, ses strates de résonances métalliques et stridentes servant d’introduction à l’arrivée progressive et diablement jouissive d’une rythmique martiale coiffée d’indus.
Si la cité peut se révéler froide à première vue, on y prend rapidement goût, et on se cantonne alors sans rechigner dans ses veloutes d’asphaltes afin d’y trouver ce qu’il faut de chaleur. A cette image “Hexaedre”, et surtout “Sunurb”, sont à marquer d’une croix blanche, les drones crépitant de ce dernier, ses nappes de synthés s’étirant dans la langueur et ses glitchs se révèlent être au final une superbe proposition à prendre de la hauteur et admirer Urbicande depuis les cieux.

Selon son créateur, le monde des citées obscures est censé être caché du notre. «Il faut cependant savoir que les voyages sont possibles entre les deux mondes, au moyen de ‘portes’ permettant le passage de l’un à l’autre ou — plus poétiquement — grâce à l’évasion artistique.» (merci à l’ami wiki).
Si tout cela n’était pas que pure fiction, Nebulo & Druc Drac pourraient sans nul doute possible effectuer la traversée, tant “Urbatectures” se révèle être un gage de cette évasion artistique recherchée.

 


Tracklist :

01. Rive Nord – Rive Sud
02. Urbicande
03. Les Jardins Suspendus
04. Brigades Urbatecturales
05. Le Réseau
06. Polynome
07. Hexaèdre
08. Micromega
09. Sunurb

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    4 Comments

    1. [...] En 2006 Nebulo publiait son premier album “Kolia” sur Hymen, dévoilant ainsi un lyrisme torturé par nombre de fractures structurelles, de glitchs et de nappes brumeuses. Au fil des releases, à savoir 3 long formats supplémentaires jusqu’à aujourd’hui, le travail du français est devenu de plus en plus abstrait, comme en témoigne son dernier en long format en collaboration avec Druc Drac chroniqué ici. [...]

    2. [...] En 2006 Nebulo publiait son premier et excellent album “Kolia” sur Hymen, dévoilant ainsi un lyrisme torturé par nombre de fractures structurelles, de glitchs et de nappes brumeuses. Au fil des releases, à savoir 3 long formats supplémentaires jusqu’à aujourd’hui, le travail du français est devenu de plus en plus abstrait, comme en témoigne son dernier en long format en collaboration avec Druc Drac chroniqué ici. [...]

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