No Artificial Colours – Crying Wolf

Crying Wolf apparaît comme l’un des meilleurs EPs UK Garage de ces derniers mois.

SSS Review - No Artificial Colours – Crying Wolf

7.5

10

Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 19 mai 2013 | 12:44

Assez curieusement, le duo No Artificial Colours reste pour le moment restreint à une notoriété relativement faible au sein de la bouillonnante scène house anglaise. Etrange, car si Lewis Wright et Ryan Ellis ne se sont jusque là pas démarqués du lot par des productions véritablement transcendantes – à l’exception du fabuleux Girl You Know il y a deux ans –, leur don pour écrire des lignes de basse faisant immédiatement mouche dans un set, et pour les mettre en valeur, est indéniable. Au-delà de Girl You Know, qui faisait, précisément pour ces raisons, figure de sommet du Rinse: 18 de Mark Radford, on pourra par exemple évoquer le groove massif d’un morceau tel que Dangerous.
Crying Wolf, publié ces jours-ci chez MadTech, pourrait cependant bien marquer un tournant dans l’histoire tranquille du groupe. On notera que le label de Kerri Chandler manifeste une fois de plus avec cet EP l’excellente forme affichée depuis plusieurs mois, avec notamment les remarqués et remarquables maxis d’Applebottom, et ses morceaux en évolution permanente ainsi que d’Ill Blu, l’ancien groupe phare du UK Funky se réinventant sous une forme plus purement house. De la même façon, ce Crying Wolf voit No Artificial Colours aborder des directions qui lui sont nouvelles – sans être véritablement novatrices en elles-mêmes –, en se rapprochant de façon notable du garage à la britannique. Si les basses intenses et groovy à un tempo relativement lent (tout l’EP tourne autour de 120 BPM) se taillent toujours une part majeure du gâteau, hi-hats étouffés, organ stabs et autres voix pitchées sont donc à l’ordre du jour.

Or en invoquant le spectre du garage, No Artificial Colours fait pour la première fois ressortir pleinement ses capacités mélodiques, qui viennent apporter ce quelque chose qui manquait à leurs productions antérieures. C’est particulièrement frappant sur le morceau titre, Crying Wolf, pilier des sets d’un Marcus Nasty depuis plusieurs semaines, et, on peut l’affirmer, point culminant de la discographie du duo à ce jour. S’autorisant une introduction de presque 3 minutes au cours desquelles le duo joue successivement avec les différents éléments du morceau, Crying Wolf est une perle de garage, apparaissant comme une sorte de version dark du Bax de Mosca. Vaporeuse, fantômatique, la mélodie syncopée ne cesse de monter et de s’éclipser pour mieux se diriger droit vers le crâne de l’auditeur, d’où il sera difficile de la déloger. Au diapason, la ligne de basse vient l’accompagner à merveille ; elle en ressort sublimée dès lors qu’elle est laissée seule pendant quelques mesures. Le chant d’Alex Mills agit alors en contrepoint, ayant l’intelligence de ne pas s’insinuer dans tous les recoins du morceau pour mieux le laisser respirer, lui apporter un souffle nouveau. Dans le genre, on touche vraiment à la perfection.
Le duo applique ensuite plus ou moins la même équation aux deux morceaux suivants. Porté par des kicks immenses, Love, qui se pare cette fois d’un chant masculin – qui s’intègre là aussi parfaitement au reste du morceau –, voit ainsi bassline et éclats mélodiques s’entremêler de nouveau, pour un résultat moins spectral mais plus rythmique peut-être. Si le morceau est moins immédiatement marquant que son prédécesseur, il n’en reste que le charme opère toujours : une autre réussite. En revanche, les choses sont un peu plus contrastées pour Restless Souls, qui clôt l’EP de manière moins convaincante. Restant dans la même tonalité sombre et nocturne, le duo y revient néanmoins à des terrains plus habituels en laissant complètement s’exprimer ses notes de basse. Dès lors, si le groove du morceau semble indéniable, et si ce dernier reste dans son ensemble tout à fait correct, quelque chose paraît manquer à côté des deux titres précédents.

Pas de quoi faire oublier la qualité du maxi dans son ensemble néanmoins : s’ancrant en plein dans un garage qui n’en finit plus de revivre – qu’il soit future, 4×4 ou simplement UK –, Crying Wolf apparaît comme l’une de ses expressions les plus réussies au cours de ces derniers mois, et s’accompagne de deux morceaux qui, s’ils ne parviennent à recréer la même magie, devraient faire leur effet sur à peu près n’importe quel dancefloor. Attendons maintenant la suite, tant pour No Artificial Colours que pour le label MadTech.

 


 


Tracklist :


01. Crying Wolf (feat. Alex Mills)
02. Love (feat. Sheff)
03. Restless Souls (feat. Cari Golden)

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