Nosaj Thing – Parallels

Nosaj Thing signe un retour très réussi avec Parallels, quatrième album condensant tous ses talents en 35 brillantes minutes.

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8.7

10

Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 6 octobre 2017 | 9:50

Au tournant des années 2010, la discographie de Nosaj Thing s’est ouverte dans un brillant panache. Avec Drift, Jason Chung signait l’un des plus disques les plus réussis de l’immense élan créatif qui secouait alors le hip hop instrumental, formant un genre nébuleux nommé wonky. Depuis, souffrant certainement de l’injuste, mais inévitable comparaison avec leur génial prédécesseur, les productions de l’artiste, sans perdre la qualité qui les singularise, semblaient vouées à ne plus retrouver l’éclat d’un premier album appartenant à cette classe de disque qui jamais ne vous quitte vraiment.

Cela, jusqu’à Parallels, quatrième album se revendiquant comme un tournant dans la carrière du producteur de Los Angeles. De fait, celui-ci y renoue avec une forme de grâce, qui habite l’ensemble de ce court – comme il se doit – disque. Une œuvre introspective et discrète, qui reprend tout le charme intimiste que dégagent les meilleurs moments de Nosaj Thing. Aventureux, s’ouvrant à de nouvelles formes, Nosaj Thing nous conquiert dès « Nowhere », élégante introduction au piano. Le très bon « All Points Back To U » nous rappelle immédiatement le talent de l’artiste pour les collaborations avec des vocalistes habillant ses titres d’un esprit différent : ici, l’apport de Steve Spacek place ce titre dans des eaux proches de son mésestimé projet Beat Spacek, pour un son immédiatement captivant.

De perle en perle, l’album s’écoule dès lors avec délicatesse en nous dévoilant tous ses atours. Deux titres plus loin, on retrouve ainsi la sublime voix de Kazu Makino, chanteuse de Blonde Redhead et collaboratrice régulière de Nosaj Thing, pour un parfait « How We Do » dans lequel les deux artistes croisent le meilleur de leur art respectif. Refusant de se limiter à une mélancolie contemplative, « U G » nous porte ensuite vers des contrées plus rythmées, aux sentiments contrastés mais toujours soutenus. On reste béat devant « Get Like », authentique essai dubstep, en tous points réussi, ou devant la splendeur du minimaliste « TM », dans lequel la beauté semble se nicher en chaque son.

La voix de Zuri Marley arrive à point nommé sur « Way We Were », petit écrin éthéré ponctuant avec classe notre écoute. Comme un écho se répercutant depuis ce sommet, la fin de l’œuvre déploie ces mêmes volutes sur deux titres supplémentaires, fermant cet album de velours comme il s’était ouvert : avec charme et retenue. Inutile d’insister plus : Parallels condense tout l’enchantement dont Nosaj Thing est capable en 35 minutes sans faille. Ce quatrième album sonne comme d’authentiques retrouvailles avec un ami de longue date que l’on ne recroisait jusqu’alors qu’épisodiquement, en se disant qu’il serait bon de renouer le contact : avec ce disque, voilà qui est enfin fait.

Tracklist :

01. Nowhere
02. All Points Back To U (feat. Steve Spacek)
03. Form
04. How We Do (feat. Kazu Makino)
05. U G
06. Get Like
07. TM
08. Way We Were (feat. Zuri Marley)
09. IGYC
10. Sister

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