OAKE – Auferstehung

Un loup à sept têtes

OAKE - Auferstehung

8.6

10

Par Raphael Lenoir
Publié le 22 janvier 2015 | 10:08

Depuis 2013 le duo allemand OAKE trouve son empreinte sonore au confluent du menaçant et de l’envoûtant. Son animal fétiche, le loup, lui sied ainsi parfaitement. En effet, et même si certains pourraient croire que le loup n’est rien de plus qu’une sorte de canidé sauvage mais affectueux qui viendrait presque remuer la queue à force de caresses, c’est pourtant un terrible animal. Ses attaques en meute sont par exemple tout ce qu’il y a de plus effroyable.
Ce nouvel album d’OAKE, paru en décembre dernier et nommé Auferstehung, illustre parfaitement ce déchaînement de forces contrôlées, faisant transparaitre ce grondement noir et bestial qu’est la griffe puissante du duo.

 

Le réveil de cet animal prodigieux s’opère sur « Umiha Sien« . On retrouve dans cette ouverture ce qui a fait la puissance des EP précédents, Offenbarung et Vollstreckung, mais la profondeur mystique trouvée par le duo est ici encore plus intense. Tandis que les pulsations s’accélèrent, le morceau gagne en agressivité avec sa ligne de fond grinçante et son élan industriel éthéré appuyé par cette voix féminine mystérieuse semblant provenir d’un au-delà incertain.

Les sonorités se font de plus en plus froides et expérimentales, faisant penser aux travaux de Samuel Kerridge, The Haxan Cloak ou encore Emptyset, et notamment sur les premiers instants de « Desterieh l’Remm ». OAKE pioche en effet autant dans des sphères indus, techno que dark ambient, tout en gardant un côté très mélodique à travers des parties vocales mystiques rappelant un certain Lustmord.
« Var Genstien » est une belle synthèse de ces éléments. Les ambiances y sont très travaillées et gardent cet aspect démonstratif et lyrique souhaité. S’y dégagerait presque une fraicheur vivifiante ; « presque » car l’instinct destructeur du loup garde son emprise, la désolation drainant le sang et l’empêchant d’affluer correctement.

Tandis que l’album avance, la sensation de solitude germe sur le lit du désespoir et ce même si les quatre chapitres qui constituent « Auferstehung » sont ponctués par des interludes. Les nappent grincent, les vagues de bruits s’affutent, les crocs sont prêts à trancher. C’est profond et c’est trempé dans de la glace, si bien que les poils s’hérissent.
Si d’une manière générale l’œuvre n’est ni humaine, ni mécanique, les instruments s’imposent de manière plus flagrante au trois quarts du disque : le piano sur « Mortre Wrid », la guitare électrique sur « Dreloi Wechd ». Mais au lieu d’alléger le propos, ils amènent plus de gravité et laissent transpirer encore plus cette atmosphère post-punk dantesque.

 

OAKE ne raconte pas qu’une seule histoire à travers « Auferstehung ». En y prêtant bien attention, le duo semble en effet avoir chargé son oeuvre de symboliques et de mythes religieux. Il ne faut pas l’oublier, Auferstehung est la traduction littérale de résurrection. Les sept « Buch » peuvent ainsi signifier les sept jours de la semaine, les sept péchés capitaux ou encore les sept têtes de la Bête de l’Apocalypse. Ce sublime et terrifiant loup dessiné par OAKE fait alors décidément encore plus froid dans le dos.

 


Tracklist :

A1. Vorwort: Umiha Sien
A2. Kapitel Eins: Edunien Edreue
A3. Erstes Buch: Desterieh l’Remm
B1. Zweites Buch: Var Genstien
B2. Drittes Buch: Graevann Grewen
B3. Kapitel Zwei: Brachem Dest
C1. Viertes Buch: Mortre Wrid
C2. Fuenftes Buch: Dreloi Wechd
D1. Kapitel Drei: Rechs Zegon
D2. Sechstes Buch: Rehmin Sicht
D3. Siebtes Buch: Drestan Sened

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