OAKE – Vollstreckung

« Vollstreckung », traduisez « Exécution » : des lettres et un sens qui annoncent déjà la couleur.

OAKE_A_side

8.0

10

Par Morgane Pelletier
Publié le 15 décembre 2013 | 17:16

Nouvelles têtes de chez Downwards où ils ont fait leur apparition en avril dernier avec une musique résolument expérimentale, OAKE est un duo doté d’un talent pour le moins indéniable au sein de cette sorte de nouveau mouvement musical industriel. La musique de ces petits protégés de Samuel Kerridge  - qui sortait récemment son album « A Fallen Empire » -  pourrait en effet s’apparenter à une complainte aspirant et aspirée par les machines.
« Vollstreckung », traduisez « Exécution », est le nom de leur nouvel EP. Des lettres et un sens qui annoncent ainsi déjà la couleur. L’artwork représente quant à lui deux peintures distinctes réalisées par Nicolas Samorì, artiste italien lui aussi inspiré par cette sombre violence destructive.

 

Lancinant bourdonnement desdites machines, « Sehtohree Diin Chromtas Vehn » est le premier morceau de « Vollstreckung ». Une synthétique mélodie y nappe le background, accompagnée par diverses percussions qui se heurtent comme les vagues sur la roche. La voix angélique de la chanteuse entre doucement en scène, happant les esprits qui auraient tenté de divaguer non-loin de l’antre de son âme et teintant le kick drum d’une harmonieuse mélodie.
Envahi par les frissons, « Torturden Giit Chreteen Dw » prend alors place. Voilà un morceau à vous glacer le sang, aux éléments rauques et éraillés. Chaque kick est une impulsion dans la poitrine, un coup dans l’estomac. Chaque kick est une douleur lancinante qui s’abat entre nos chairs. Chaque kick est fascinant, et paradoxalement impensable. Dominant l’intégralité du track, cette rythmique laisse pour autant les artefacts se déverser comme un torrent durant ces cinq minutes d’une saisissante profondeur. Ce second morceau s’apparente à une torture, mitigée entre celle du corps et de l’esprit.

Assené une nouvelle fois par un kick violent, « Wekanee Siin Redrech Enjen » se présente en suivant. La voix sensuelle mais perverse du côté féminin de Oake nous transperce, acheminant le morceau vers son paroxysme. Lugubrement, les sonorités nous parviennent, bercées par les nappes qui entourent le track. Les voix se trouveront être ici un supplice, de mots à maux, elles accableront par leur chants.
Le morceau le plus noise de l’EP, « Wuhleor Niir Peffgeeng Pfuden », culmine dans le néant. On se tient à présent déconcerté au milieu des éléments sonores qui se chevauchent et s’entremêlent, se mouvant avec une désinvolte progressivité vers le point de non-retour de « Vollstreckung ». Comme une marche en direction des ténèbres, chaque percussion est un pas à travers l’atmosphère terrifiante de ce morceau. De macabres cris viendront border notre route, assiégeant les percussions et condamnant nos êtres par les flammes.

« Nos corps sont les prisons de nos âmes. Notre peau et notre sang, les atroces barreaux qui nous emprisonnent. Mais, n’ayez crainte. Toutes les chairs se défont. Le temps réduit tout en cendres. Ainsi, la mort délivre chaque homme. ».
Oake définit sa musique à  travers cette citation du film  »The Fountain » de Darren Aronofsky (où un homme retrace quelque peu son évolution intérieure et spirituelle et souhaite réussir à la fois la phase d’acceptation de sa mort et son voyage initiatique). Traduisant ainsi cyniquement les martyrs du corps et de l’esprit par le bruit métallique des machines, il insuffle la liberté à l’âme par cette complainte de sa musique.

 

Tracklist:
1. Sehtohree Diin Chromtas Vehn
2. Torturden Giit Chreteen Dw
3. Wekanee Siin Redrech Enjen
4. Wuhleor Niir Peffgeeng Pfuden

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