Ocoeur – A Parallel Life

Nouveau pari réussi pour Ocoeur, avec un nouvel album se hissant sans rougir au niveau de ses fabuleux prédécesseurs.

Ocoeur - A Parallel Life

8.4

10

Par Adrian Pineau
Publié le 25 août 2014 | 10:43

Ne soyons pas timides, c’est avec un plaisir certain que l’on retrouve le Bordelais Franck Zaragoza. Autrement connu sous le nom d’Ocoeur, le monsieur est à l’origine de l’un des meilleurs albums IDM/electronica de l’année passée. Son plus récent EP, Memento, était lui aussi d’une qualité indéniable. Entre une grande habilité rythmique et une maîtrise des sonorités cristallines rêveuses, Ocoeur se montre résolument fidèle aux expérimentations sentimentales proposées par la maison américaine n5MD. Ses précédentes productions ayant placé la barre à un haut niveau, on peut légitimement se demander si ce Ocoeur – A Parallel Life peut faire jeu égal. Réponse ci-dessous.

 

En s’ouvrant sur « Universe », on a rapidement l’impression que ce nouvel opus se montre plus mature. Là où Light As A Feather développait une ambiance idyllique où les résonances argentines n’étaient pas sans rappeler l’enfance innocente, ce nouveau travail se montre un tantinet plus introspectif, plus complexe. En adepte inconditionnel de la mélodie, fournir des morceaux d’une beauté folle semble n’être pour lui qu’une simple formalité, comme en témoignent « L’horloge » avec sa nappe cosmique presque infinie, « Ostz » et ses boucles de synthés luxuriantes ou encore « North »et son époustouflant final s’aventurant sans complexe sur un terrain post-classical.
Mais les oreilles attentives, aidées par un sound system adéquat, permettront de se rendre compte du gargantuesque travail effectué sur le plan rythmique. Les personnes familières avec le boulot d’Ocoeur savent que ce dernier accorde une grande importance à l’agencement et l’assemblage du nombre important de glitcheries qu’il utilise.

Toutes ces sonorités, pourtant nombreuses, se croisent, s’entrechoquent, mais jamais ne se blessent et donnent l’impression que le hasard n’a pas sa place dans l’œuvre. De quoi donc être facilement bouche bée devant tant de technicité. C’est pourtant avec ingéniosité qu’Ocoeur nous accorde des pauses : le premier refuge se trouve dans les somptueux élans drone/ambient d’un voyage nommé « Kofksi », si bien que celui-ci se place tranquillement dans le classement des meilleures échappées méditatives entendues cette année. Puis vient finalement « Beyond Infinite » qui ralentit la cadence et s’immisce dans un downtempo breaké amorçant alors un atterrissage que les drones éthérés de « Red » rendent indolore, donnant l’envie d’un nouvel embarquement immédiat.

 

Pari donc amplement réussi pour Franck Zaragoza : ce nouvel album se hisse sans rougir au niveau de son incontournable Light As A Feather. Cerise sur le gateau, A Parallel Life se distingue autant par ses structures que par ses ambiances, le tout couronné par un excellent mastering.
Ne soyons pas mauvaises langues, cette année, l’IDM connait de nouveau (en référence à 2012) une productivité des plus faibles et les opus qui tirent leur épingle du jeu sont loin d’être légion. Citons néanmoins le dernier Defrag sur Hymen, le très bon Trdlx sur le jeune mais intéressant label français VoxxoV ou encore le tout récent R.roo sur Abstrack Reflections. En attendant qu’un certain Richard D. James vienne satisfaire (ou pas) 13 années d’attente, vous pourrez retrouver Ocoeur en compagnie de l’excellent VJ Hieros Gamos à l’I.Boat le 26 septembre pour un voyage où lévitation et émotions feront office de guides.

 

 

Tracklist :

01. Universe
02. L’horloge
03. First Highway
04. Kofski
05. Ostz
06. North
07. A Parallel Life
08. Beyond Infinite
09. Red

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