Opitope – Physis

Physis symbolise avant tout cette force invisible à l’intérieur même de la nature, ce rouage régulateur et moteur de toute vie.

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7.7

10

Par Raphael Lenoir
Publié le 14 février 2014 | 11:45

Lorsque l’on s’éloigne des côtes occidentales pour mettre les voiles sur les rivages du soleil levant, la perception de la nature n’est plus la même. C’est comme cela et c’est indéniable. Elle fait partie de leur être, elle régule leur existence, c’est l’impermanence. Dès lors, pas surprenant de voir autant de producteurs dont le matériau sonore de base est le field recordings, ces prises de sons qui sont ensuite intégrées dans les pistes audio.
Aujourd’hui on vous parlera plus spécifiquement de Tomoyoshi Date et Chihei Hatakeyama, deux spécialistes du genre qui forment un duo appelé Opitope dont le premier album « Hau » est sorti en 2007. Bien que ses deux personnages aient chacun de leur côté des projets personnels d’une certaine carrure (on pense notemment aux duos Illhua pour Tomoyoshi ou encore Melodia dont on avait déjà parlé ici et à la discographie foisonnante de Chihei), le duo Opitope sort régulièrement des longs formats.
« Physis » est le quatrième de cette série et est paru en janvier sur Spekk, label qui n’avait plus donné signe de vie depuis trois ans.

Pour les adeptes de basses profondes, anxiogènes, créant un climat irrespirable : vous pouvez passer votre chemin. Sauf si vous voulez avoir cette fois-ci votre souffle coupé d’une toute différente façon ; par la limpidité musicale de Physis. En effet, on atteint ici un minimalisme épuré de tout élément parasite, contrastant avec les anciennes productions du duo.
Si par le passé, la part belle était faite aux mélodies à la guitare (sur Hau) ou alors aux grésillements électroniques (sur A Colony Of Kuala Mute Geeks) qui emplissaient l’espace de bizarreries sonores, ici tout cela a disparu. Ne reste qu’un piano, bordé de field recordings qui coulent le long de ses veines. Cette nouvelle vision de leur musique s’est progressivement construite au fil du temps pour acquérir une blancheur éclatante insoupçonnée.

Si vous pensez avoir vite fait le tour de cet album détrompez-vous. Derrière son apparente simplicité se cache une précision musicale presque ahurissante. Les petits sifflements aigus en forme de canevas mélodiques, le faible fracas d’un choc entre deux morceau de bois ou encore le bruit lointain de la faune fournissent non seulement un cadre naturel propice à l’avènement des songes, mais élargissent la palette d’idées (voire d’expérimentations pour certains) transmises.
Ceux qui portent une haute estime des travaux parus sur 12k, Rural Colours, Desire Path Recordings apprécieront.

Il serait futile d’aller plus loin dans la description de ce joyau puisqu’il nous est impossible de décrire plus en détails ces nappes en suspensions qui atténuent la vitesse du cheminement de l’auditeur parmi ces paysages musicaux. Tomoyoshi Date et Chihei Hatakeyama ne trahissent ainsi  pas cette nature qui est au centre de ces enchevêtrements délicats, « Physis » symbolisant avant tout cette force invisible à l’intérieur même de la nature, ce rouage régulateur et moteur de toute vie. Un grouillement sonore qui s’orchestre harmonieusement pour se fondre dans la toute puissante matrice.

 

Tracklist :

1. An White Drop of Morning Dew
2. Light Blue Mist and Ripple
3. Warmth of Winter Woods
4. The Dawn of Memories

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