Otik – Persist

Si l’EP aurait gagné à être moins expansif, ses moments forts restent très encourageants, venant d’un artiste publiant ici son premier véritable maxi.

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7.2

10

Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 1 décembre 2013 | 13:44

Prism Tracks ne fait pas les choses comme les autres. Là où d’autres affichent un rythme de publication démesuré, le label londonien signe ici sa deuxième référence, la première remontant à février 2012. Et là où beaucoup se contenteront de trois titres pour conclure un EP, Prism nous offre pas moins de huit morceaux, soit quarante minutes de musique. Sans juger ce choix dans un sens ou un autre, reconnaissons-lui en tout cas le mérite d’offrir au jeune Otik, dont la discographie se limitait pour le moment à deux singles auto-distribués, l’occasion de mettre en avant ses talents.

 

Car si l’Anglais souffle le chaud et le froid sur un maxi parfois inégal, talent il y a : on pourra parfois reprocher un polissage excessif, mais force est de constater que la qualité de production d’Ashley Thomas est notable, et que les passages les moins convaincants recèlent leur lot de détails intéressants.
Ainsi, le « Show No Love » introductif, qui pèche par son manque d’originalité mélodique, nous laisse néanmoins le soin d’apprécier la finesse de breaks intriqués au sein de patterns house classiques. De même, alors que l’introduction de « Persista » laisse envisager les mêmes travers, les touches grime qui viennent s’emparer du titre par la suite rattrapent cette première impression.

Surtout, difficile de ne pas s’arrêter sur les deux vraies réussites que constituent « Shackled » et « Green Tea ». Porté par un kick parfaitement rond, « Shackled » épate par sa fluidité, chaque élément semblant intervenir à sa juste place : breakdown peuplé de voix hallucinées avant un départ rappelant les grandes heures du UK Garage chill, accompagné d’une ligne de basse sachant rester discrète et se fondre dans une bulle brillante.
Présentant les mêmes influences garage, « Green Tea » s’oriente plutôt vers la frange dancefloor de celles-ci, alternant synthés vertigineux et basslines dark. Si l’ambiance diffère, le morceau vient se placer à la même hauteur.

 

Les quatre originaux sont complétés par quatre remixes symétriques, parmi lesquels se détache particulièrement le nom de GoldFFinch. S’attaquant à « Shackled », le Belge détourne le morceau vers une forme plus déstructurée et mystérieuse, qui contribue à montrer la richesse de l’original. Thefft, au remix de « Persista », pousse encore cette optique de déconstruction avec réussite.
Les deux autres remixes, plus anecdotiques, ne changent pas le constat d’ensemble : si l’EP aurait gagné à être moins expansif, ses moments forts restent très encourageants, venant d’un artiste publiant ici son premier véritable maxi. Au vu du niveau déployé sur « Shackled », on a donc hâte de savoir ce qu’il adviendra d’Otik par la suite.

Tracklist :

01. Show No Love
02. Shackled
03. Persista
04. Green Tea
05. Show No Love (Artifact Remix)
06. Shackled (GoldFFinch Remix)
07. Persista (Thefft Remix)
08. Green Tea (eplp Remix)

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