Overlook – False / Everything counts

Avec ce nouveau maxi d’Overlook, Narratives music prouve qu’il se veut une porte ouverte vers l’expérimentation sonore en drum & bass.

Overlook - False : Everything counts

8.1

10

Par Martin Drazel
Publié le 17 février 2014 | 13:49

Blocks & Escher sont reconnus pour leur approche bien particulière de la drum & bass. Leur palmarès de sorties parle de lui-même : en solo comme en duo, signés chez Digital Soundboy, Horizons music ou encore Future thinkin’, les deux compères n’ont plus à prouver leur besoin constant de renouveau.
C’est ainsi qu’est né Narratives music, label étrange et hors-contexte, qui ne se soucie aucunement de la « hype » du moment, et s’amuse à briser les codes à tout va. D’un disque à l’autre, le label oscille et navigue entre jungle, autonomic, breakbeat bizarre et/ou endiablé, etc… Un seul point commun entre chaque sortie : la musique se doit d’être narrative (justement) et d’emporter l’auditeur dans un univers tout aussi dansant que mental.

Le dernier maxi, par Overlook, reste fidèle au crédo du label. La première face, « False », s’ouvre sur une ambiance d’outre-tombe, guidée par de longues notes de violons presque vampiriques. Sans prévenir, une avalanche rythmique, tout droit sortie d’un arrangement d’une jungle complexe, vient élever le morceau au-dessus du cimetière, lui insufflant un énorme regain d’énergie. On retrouve dans ce track cette tendance récente qu’a la drum & bass de retourner à ses premiers amours.
« False » est un condensé de samples (rythmiques ou non) des années 90. Cet agréable flash-back pourrait être ennuyant à force, vu que ces recettes ont déjà été rongées jusqu’à l’os, et ce depuis des décennies. Mais Overlook sait y imprégner sa signature, à la fois sombre et très cinématographique. L’utilisation d’instruments à cordes, l’évolution du morceau avec l’ajout de quelques effets, une basse sourde accompagnant la structure rythmique ; voilà la recette des rituels mystiques d’Overlook.

On peut ajouter au crédo du label une politique de faces B aux antipodes de la face A. Ainsi, « Everything counts » nous propose un autre pan de l’univers de Jason Luxton. Là où le premier morceau emporte l’auditeur dans une accumulation ondulatoire de rythmes en folie, le second s’image plus comme une longue introspection, sorte de poursuite effrénée entre soi et soi-même. La respiration d’ »Everything counts » est bien plus légère et subtile. Elle ne tient que sur un pied très sourd, quelques charleys, et des claps perdus dans un travail atmosphérique impressionnant. L’ambiance du morceau est sa structure-même. Un savant mélange de synthés aux échos traités avec précision, quelques violons de films noirs, une ligne de bass souterraine…
Après la reprise, des congas viennent accélérer le mouvement, seulement quelques mesures, puis le tout s’enfonce à nouveau dans cette inquiétante méditation. Ce morceau est en soi un condensé du talent d’Overlook ; où comment réussir à créer un équilibre entre la réanimation de peurs primaires et une  sorte de relaxation rythmique quelque peu étrange.

Cette dernière sortie de Narratives music continue donc sur la belle lancée des premières. Le label se veut une porte ouverte vers l’expérimentation sonore en drum & bass, et cette porte n’est pas prête de se refermer ! Et comme le dit Teebee, très explicite à propos du label : « I love how they don’t give a f… about fitting the norm. Refreshing. »

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