Pariah – Rift

Pariah montre ses autres facettes.

Pariah-Rift-EP

7.7

10

Label

Genre

Par Alexandre Aelov
Publié le 17 juin 2012 | 22:25

Autant vous prévenir si vous connaissiez Pariah : cet EP s’éloigne nettement de l’ambiance dégagée par les deux productions qui lui précèdent, déjà signées sur R&S. La douceur d’un dubstep housy, malgré des tendances abstract qui planaient ici ou là, laisse à présent la place à une noirceur toute industrielle. Là où on pouvait penser à des choses du genre Pixelord, les textures évoquent ici bien plus les productions signées chez Stroboscopic Artefacts, tant l’atmosphère est asphyxiante.

Le titre éponyme conserve une rythmique dubstep très ornementée, mais l’on se rend rapidement compte que la boucle principale est avant tout un fil rouge monolithique, sur lequel se greffe un ensemble vaguement discontinu de descentes de basse, de drones, de nappes et d’échos industriels. Du dubstep qui rappelle parfois Scuba, mais, disons, un Scuba qui serait véritablement tombé dans la cuve toxique. Angoisse des ambiances, sûreté de la ligne rythmique, bruits blancs métalliques, c’est une musique sans issue.
Cet EP se présente rapidement comme une construction progressive, réfléchie comme un tout et non comme un fourre-tout, et on découvre agréablement une seconde track, “Signal Loss”, dans la continuité du premier morceau quoique moins étouffante, agrémentée de vocaux déconstruits, vestiges house des précédentes productions. Cependant, l’impression qui s’en dégage est plus fantomatique qu’autre chose et même si on pense encore très fort au patron d’Hotflush (période “Triangulation”), ce morceau reste décharné, hanté par des nappes immersives, reposant sur une structure potentiellement sans fin.
Cette impression se confirme totalement sur “Among Those Metal Trees”. Pariah envisage ici une déconstruction sereine mais plus franche de sa composition, supprimant les beats et par là même tout repère possible au profit de pads ambients et de vocaux dépitchés. Si l’angoisse n’est plus vraiment au rendez-vous, on clôt cette écoute dans une nostalgie certaine, contrastant nettement avec la ligne compositionnelle des précédents EP.

Troisième production d’Arthur Cayzer, fidèle à R&S, ce “Rift” propose un autre aspect de ses influences et dessine (toujours au moyen d’une base dubstep fine) des lignes de fuite plus sombres. Résolument tourné vers des horizons abstract et presque industriels, cet EP constitue une belle réalisation, et laisse entrevoir un album futur plus varié et complexe qu’il n’y paraissait. A suivre avec intérêt !
 


Tracklist :

1. Rift
2. Signal Loss
3. Among Those Metal Trees

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