Perc – A New Brutality

Perc fait partie de ces artistes qui n’ont pas peur de prendre la techno par les cornes, la regarder en face et lui dire : “toi tu vas tellement manger d’asphalte que tu risques de vaciller dans l’abysse que tu auras toi même creusé”.

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8.2

10

Par David Robert
Publié le 16 juin 2012 | 22:19

Perc fait partie de ces artistes qui n’ont pas peur de prendre la techno par les cornes, la regarder en face et lui dire : “toi tu vas tellement manger d’asphalte que tu risques de vaciller dans l’abysse que tu auras toi même creusé”.
Auteur d’un paquet non négligeable d’EP depuis 2002 principalement sur son propre label, Perc Trax, mais aussi sur Kompakt Extra, Electric Deluxe (label de Speedy J), Stroboscopic Artefacts avec qui les affinités sont nombreuses, CLR ou encore Drumcode, l’anglais a franchi le pas l’année dernière en sortant un premier long format bougrement réussi. Depuis, quelques splits, remixes et autres, mais aucune véritable sortie en solo. Ce nouvel EP est donc à prendre comme la première release véritable depuis l’album.
Comme si l’aura de l’homme n’était pas assez noire déjà pour savoir ce à quoi il faut s’attendre ici, l’homme préfère mettre les choses au clair (obscure) et intituler le maxi : “A New Brutalité”. Prévention, quand tu nous tiens.

Et c’est sur le titre éponyme que les hostilités commencent. Le terme “hostilités” apparaitrait d’ailleurs presque faiblard tant le morceau fait preuve d’une rage et d’une puissance rarement placées à un tél niveau chez Ali Wells, s’apparentant au rhythmic noise du fait de ses textures aussi distordues qu’ardentes faisant jaillir des gerbes d’étincelles en fusion et de sa rythmique effrénée.
Moins abrasif et plus expérimental, “Cash 4 Gold” s’appuie principalement sur une ligne de bassdrum trapue constante tout au long du morceau et une nappe de synthé bien abstraite.
Boy” possède plus largement cette touche symptomatique de Perc : une techno sous tension taillée dans le métal de l’indus possédant un puissant groove froid et mécanique. Irrésistible, surtout quand elle puise sa montée dans un drone enflammé.
Mais là ou le type nous prend parfaitement à contre-pied, c’est quand il se débarrasse de toute cette violence et se fait le dompteur d’un piano hautement mélancolique, seulement alimenté en fond par le bruit de quelques machines sans conscience. Nommé “Before I Go”, le morceau, superbe en tout point, dévoile une tout autre facette de ce défonceur de portes.

On savait déjà que Perc était capable de rassembler ses influences pour créer une musique qui se fichait totalement de savoir si elle débordait des cloisons qu’il lui avait été attribuées afin de s’étaler vers le noise, l’indus, et autres réjouissances carabinées. Mais quand on voit, à l’image de ce dernier EP, qu’il sait aussi aller parfaitement du côté du beau et du sentimental, on se dit qu’on a encore beaucoup de choses à découvrir. Et c’est tant mieux.

Tracklist :

A1. A New Brutality
A2. Cash 4 Gold
B1. Boy
B2. Before I Go


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