Psyk – Time Is Foundation

Time Is Foundation, ou la réussite d’un premier album sans début, ni fin.

R-5707791-1400503825-6341

8.5

10

Par Benoist Desfonds
Publié le 20 mai 2014 | 19:03

Psyk revient en 2014 avec l’édition de son premier long format. Un premier album particulièrement attendu de par la qualité et renommée de ses précédents EPs : ses débuts chez Minus, ses apparitions chez Drumcode, ses passages chez Mote Evolver ou encore son dernier E.P chez CLR ont permis à Manuel Anos de se créer une identité singulière et reconnue par ses pairs. C’est autour de cette identité que se sont dégagées des perspectives musicales intrinsèques à la création de son propre label, Non Series. Ce premier album sort sur Mote Evolver Records : après deux précédents EPs réussis,  Distane et Arcade, Luke Slater patron du label accorde ici une véritable place au prodige Psyk.

 

Rentrons dans l’antre de cet album composé de 10 titres : Psyk donne la mesure immédiatement. Pas besoin de grandes envolées de nappes ou de textures, non. Cet album est techno, voilà tout : en mode Automatic, le voyage peut commencer sur les chapeaux de roues. Il est osé de rentrer dans cet album par un chemin aussi étouffé. Le subtil enroulement mécanique des drums et kicks ne laisse aucune pitié. Myriad s’impose ensuite par sa mélodieuse valse de synthés, lui conférant un caractère très joueur, pour mieux nous corrompre par la descente aux enfers que promet Riot, faisant preuve d’une techno minimale et dark à souhait. Avadon peut ensuite littéralement lâcher les chevaux. La massivité et la profondeur des basses laisse pantois. Fin du premier chapitre.

Comme une pause pour laisser diminuer un tant soit peu la chaleur accumulée, Five accorde une brève respiration à l’auditeur. Le grand élan onirique de synthés nous laisserait-il croire à une part de poésie dans l’apparente dureté de l’univers musical de Psyk? Silhouette nous ramène les pieds sous terre. Psyk fait monter le tempo d’un cran, et signe assurément un morceau techno des plus aboutis. Appuyé par une ligne de basse imparable, le jeu de claps et drums propulsera chacun d’entre nous dans les songes les plus profonds. Une track redoutable pour assurer l’effervescence d’une moite et longue nuit. Les nappes sonores de bruit se poursuivent ensuite avec Shift. La tension baisse d’un cran avec Parade où le renvoi d’écho et la progressivité de la piste renvoient à une techno plus ouverte pour les dance-floors. Fin du second chapitre. Nine nous emmène dans les affres d’une techno des plus mentales. Parfaite pour assurer une transition introspective au petit matin.

 

Epilogue: L3. Psyk termine l’album comme il l’a commencé.  C’est à dire, sans début ni fin et c’est tant mieux, car le temps, lui, ne s’arrête pas. Psyk, avec ce Time is foundation, signe un album des plus consistants, et percutants que l’on ait pu écouter ces dernières années. Une production soignée où tout le talent de Psyk réside dans le contraste de détail sonore, surmonté par une techno de stentor.  Ou comment donner une leçon d’un savoir-faire :  »Less is more ».

Tracklist :

01. Automatic
02. Myriad
03. Riot
04. Avadon
05. Five
06. Silhouette
07. Shift
08. Parade
09. Nine
10. L3

Vous aimerez surement

    1 Comment

    Leave a comment

    Articles populaires

    Chargement des articles...
    Le chargement des articles a echoué, une nouvelle tentative va être effectuée automatiquement dans 5 secondes.

    Back to Top