Report Château Perché 2019 : six performances marquantes

Focus sur les performances de Emerging Patterns, Mind / Matter, Flore, Skwig b2b SNKLS et Ixell b2b Alias Ed

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Par Idris Ghouati
Publié le 11 septembre 2019 | 10:09

Deux mois après, il est temps de revenir sur cette expérience singulière qu’est le festival Château Perché. Il se déroulait cette année dans le cadre bucolique de l’Arboretum de Balaine. Dans la tradition du festival, des décorations étaient dispersées le long des chemins menant d’une scène à une autre, nous maintenant toujours dans une sorte de rêve éveillé. Les scènes étaient elles aussi resplendissantes, chacune avec son identité propre, s’accordant bien avec leur direction musicale. C’est d’ailleurs avec plaisir que nous avons remarqué la place significative réservée cette année à la bass music dans ce festival auparavant assez orienté techno et minimale. Seul bémol à ce week-end a priori idyllique : la pluie, qui a écourté les soirées de bon nombre de festivaliers, et refroidi quelques esprits. Par chance, le temps était au sec pendant une bonne moitié du festival, ce qui a permis aux vêtements de sécher et au sourire de revenir jusqu’à l’averse suivante. On en garde donc tous un excellent souvenir et on a hâte d’y retourner l’année prochaine. Pour vous donner une idée de l’atmosphère et de la musique qu’on a aimée, voici quelques performances qui nous ont marqués, par ordre d’apparition.
 


Emerging Patterns live

Jeudi soir à minuit, sur la scène de la Chapelle Mystique. On vient de pénétrer dans le festival à cause d’une longue attente à l’entrée du camping, et on arrive tout juste avant le début du live de Emerging Patterns. Ce dernier est un habitué de Château Perché, désormais artiste résident de Perchépolis. On l’avait déjà vu à l’édition 2017 où son live nous avait bien retourné ; c’est donc un plaisir de commencer le festival avec lui. Armé de ses machines, il doit passer après Röpe qui a commencé par une techno déjà très dure. Après une introduction ambient, assez courte pour ne pas désarçonner un public prêt à en découdre, les kicks arrivent très vite. Son live mélange des textures ambientes, expérimentales avec une rythmique techno plus accessible, ce qui lui permet d’emporter le public avec lui. L’aspect live et improvisé lui permet de ne pas tomber dans une techno trop répétitive et trop attendue, et de toujours être capable de surprendre. Un artiste à suivre de très près. On vous laisse avec un morceau qu’il a composé à partir de son live à Château Perché.


 


Mind/Matter live

Pour vous situer le paysage, la scène de la Verrière, dont la direction artistique est assurée par Underdogs, tire franchement vers les musiques industrielles et post-punk. Chaque passage là-bas vous vaut son lot de déflagration auditive. Et dans la nuit du jeudi au vendredi, une des performances qui sort du lot est certainement celle de Mind / Matter, dont le live dure une heure. Le producteur parisien nous était à ce jour parfaitement inconnu. Sa performance s’appuie sur des basslines rapides, des pads menaçants, une rythmique techno 4/4 parsemée d’éclats de caisse claire. Si on y ajoute ses hurlements filtrés, son live nous projette tout droit en enfer. Son EP Peste Nera devrait sortir sous peu et l’artiste tourne souvent à Paris en ce moment ; on vous conseille de garder un oeil sur lui.

 


Flore

Malheureusement pour un certain nombre de performances, quelques averses s’abattent sur le festival et repoussent le public vers le confort des tentes, tout en contraignant l’organisation à annuler quelques shows. Mais ce n’est pas le cas de la nuit de vendredi à samedi, relativement épargnée par les éléments. Les ravers sont prêts à se défouler après leur frustration de la veille, et le set de Flore est un parfait exemple de cette explosion de bonheur. Nous sommes à La Plaine, « scène principale », entre 3 et 5h. La DJ commence par s’accorder à son public, surtout habitué aux beats techno et minimale : elle mélange (UK) techno et quelques percussions UK Funky, reste un peu sur les beats 4/4 pendant un temps, puis son set se lance peu à peu. Les transitions sont impeccables, tout est timé à la perfection, et la foule ne peut que danser. Rythmiques imparables et kicks ravageurs se complètent et forment un concentré d’énergie qui emporte le public au-delà de ses limites. On reconnaît notamment le titre « Matouka » de Ouanounou, bien représentatif de la direction générale du set. Vivement la prochaine soirée Polaar x SeeSickSound pour la retrouver sur un dancefloor parisien.


 


Skwig b2b SNKLS

Après avoir erré à travers le festival après le set de Flore, nous voilà de retour à La Plaine, entre 7h et 9h samedi matin, pour le b2b entre nos amis Skwig et SNKLS, qu’on avait tous les deux invités dans le cadre de nos soirées. Une brève averse ne sait pas entamer la détermination du public, mais la fatigue le met à l’épreuve. En témoigne ce jeune homme déguisé en fleur qui danse jusqu’à l’épuisement (le public autour de lui hurle « Arrosez la plante !! »), avant de revenir danser comme si de rien n’était quelques minutes après avoir été secouru par l’équipe de sécurité. Le set commence en UK funky assaisonnée de grime, UK garage et UK Techno. Le public est réceptif, mais les deux artistes ne comptent pas s’arrêter là. Vers le milieu du temps imparti, le tempo saute à 160 pour retourner vers les origines stylistiques de ces deux membres du French Work, avec un mélange de footwork et ghetto-tech : on sent qu’ils sont chez eux. Vers la fin du set on intercepte de petits regards coquins échangés entre DJs lorsque Skwig commence à orienter le set vers la jungle, puis des éclats de rire lorsque SNKLS lance un premier missile Drum’n'bass. Le public est conquis et suit de bon coeur, les sautillements deviennent des bonds tandis que la basse tape de plus en plus fort, jusqu’à se terminer dans la neurofunk la plus débridée. L’horaire était difficile et compliqué par une petite averse, mais les deux compères ont gardé le public dans la bonne humeur la plus totale et ont fini leur set sous les acclamations.


 


IXELL b2b Alias ED

Nous sommes le dernier soir sur la scène principale de la Plaine. Après un set très réussi de Zobmachine (l’alias de Samy El Moudni, organisateur du festival) et SBKS, ce sont deux autres clermontois qui prennent la suite des opérations. Les deux jeunes DJ sont résidents au 101, club qui a le mérite d’inviter régulièrement des têtes d’affiches de la musique électronique à Clermont-Ferrand, et membres du collectif Turn-a side. Les deux compères nous font profiter d’une sélection impeccable entre techno, électro et breakbeat, jonglant entre morceaux hypnotiques et plus punchy. On y reconnaît notamment le fameux “Transition” de Underground Resistance ou encore le plus récent “Touch Absence” de Lanark Artefax. Une rafale de kicks avant une rafale de pluie qui ternira un peu l’ambiance de ce dernier soir à l’arboretum de Balaine.


 


Elkka

Juste après ce set, nous voici au Bel Etang à 2h pour le set d’Elkka, fondatrice du label éclectique Femme Culture. La DJ est à 90 degrés par rapport aux enceintes, dans ce qui semble être une scène de secours, établie un peu plus à l’abri de la pluie que la scène prévue initialement au-dessus de l’étang. Son footwork parsemé de percussions à la UK funky dérive progressivement vers un footwork plus classique et a priori plus difficile d’accès pour un public peu habitué à ces rythmiques, mais la foule garde une oreille attentive et danse comme jamais : c’est le dernier soir, après tout. Lorsque la pluie s’intensifie, le public se disperse quelque peu mais une bonne moitié d’irrésistibles reste sur le dancefloor. Elkka arrive alors à un pivot dans son set pour apporter une éclaircie malgré les éléments avec un classique intemporel de la rave : Baby D, « Let Me Be Your Fantasy ». La musique continue à 130 bpm, en passant par tout une ribambelle de styles différents. UK Garage, UK Funky, UK bass, techno, house, disco, chaque morceau apporte son lot de surprises, et le public est conquis.
 


Texte : Julien Smith et Idris Ghouati
Photo : Le Viet Photography

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