Repulsion – Repulsion EP

Avec son premier EP pour Substantial Audio, Repulsion combine influences et genres, créant une pièce unique dont chaque titre présente un univers propre.

Artwork - SA002 - Substantial Audio

8.0

10

Par Guillaume Schillo
Publié le 2 février 2017 | 8:32

Avec à son actif une discographie déjà conséquente pour sa courte carrière, et des signatures en digital sur des labels comme Sublimated Sounds ou encore Phantom Hertz, le jeune Repulsion commence tout doucement à se forger un nom au sein de la communauté dubstep underground. Et aujourd’hui, c’est sur Substantial Audio que l’américain inaugure son dernier EP, sobrement intitulé Repulsion.

Un EP qui commence de manière inattendue, avec « Easy On The Syrup » et ses notes de synthé colorées et explosives qui nous feraient presque attendre un morceau old-skool rave. Mais non, on est bien dans un son dubstep, avec un drop furieux sur une basse graveleuse et dissonante, qui vient immédiatement contrebalancer avec l’intro. La batterie, quant à elle, est agrémentée de violentes cymbales qui viennent poignarder le rythme, et de caisses claires qui rappellent presque celles employées par Gantz dans « Elmo Rehab ». La ligne de basse, tout aussi intense, gratte telle une chaîne de tronçonneuse, et oscille pour donner du rebond à cette ouverture d’EP énergique et musclée. Le mélange des genres, avec cette intro dans un esprit rave music du début des années 1990 est quelque chose que l’on entend peu souvent dans un son de dubstep, et c’est assez original pour être noté.

L’EP continue ensuite avec « Agreement ». On comprend dès les premières notes de l’introduction que l’on se trouve dans un autre registre que celui du premier morceau. Une diversité toujours bienvenue : la construction de la batterie donne ici cet effet de roulement si typique des sons jungle, accompagnée d’une basse lourde et piétinante qui donne énormément de corps au titre. Viennent s’ajouter à cet ensemble des percussions hypnotiques et un assortiment d’échos atmosphériques qui donnent à « Agreement » cette sensation de détresse au milieu d’une jungle urbaine démesurée que l’on retrouve souvent dans le dubstep. Le morceau est une fresque complexe de rythmes et d’ambiances, dont il faut plusieurs écoutes pour capter toute l’essence. Une réussite sur tous les plans.

Arrivé à la moitié de l’EP, on est accueilli par « Sector C ». Le titre porte très bien son nom, puisque le sample vocal du début n’est autre que l’introduction du jeu Half-Life 1, où l’on est conduit vers le laboratoire de test du Secteur C dans un train monorail. Et puis vient le drop, conduit par un kick-snare sur la pulsation, basique mais évidemment efficace, surmonté de percussions frénétiques qui apportent de la forme à la rythmique. La basse, ronde, joue quant à elle son rôle de sub, avec l’ajout d’une autre ligne plus haute qui grogne de façon menaçante. Le tout forme un subtil mélange entre influence dark à la Chestplate et un son plus deep et percussif à la Jack Sparrow. Là encore, le travail d’ambiance n’est pas en reste avec une série de nappes qui ajoutent de la personnalité à la structure sonore.

Enfin, en gage de dernier morceau, Repulsion nous gratifie de « Seekers », fresque sonore frénétique qui fleure bon le dubstep de la fin des années 2000. Une sub accompagnée d’une basse qui tire dans les milieux de fréquence sur un oscillateur hyperactif, une caisse claire qui attaque la rythmique telle une gifle, le tout saupoudré de cymbales et de percussions nerveuses et cinglantes. Pourtant, sous cette apparence agressive et sèche, le travail de mixage du morceau le rend assez rond à l’écoute. On a la sensation d’écouter un morceau sorti vers 2008. Ce côté old-school fait de « Seekers » une madeleine de Proust qui rappelle une époque pas si lointaine, mais malgré tout reculée tant le son dubstep a pu évoluer au cours de cette dernière décennie. Pourtant, le titre prouve bien que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures.

Que dire de ce Repulsion EP ? C’est en définitive une réussite. L’Américain a réussi à combiner un subtil mélange d’influences et de genres pour créer une pièce unique. Chaque morceau possède son propre univers tout en restant homogène avec l’ensemble, et cette diversité sonore rend l’écoute d’autant plus agréable. On ne s’en lasse pas, et c’est bien là ce qui fait toute la qualité de cet EP. Si vous ne connaissez pas encore Repulsion, gardez l’œil ouvert, car il est certain qu’on entendra plus parler de lui à l’avenir.

Tracklist :

01. Easy on the Syrup
02. Agreement
03. Sector C
04. Seekers

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