Retour sur SIGNAL au Glazart, avec Lucy et Low Jack

Une nouvelle soirée captivante d’un bout à l’autre proposée par le collectif Exploration, mettant en scène des sets passionnants de Lucy et Low Jack.

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Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 6 mai 2014 | 9:42

Vous aurez peut-être constaté la prégnance du Glazart dans notre série de reports. C’est que la programmation de la salle, qui s’est toujours distinguée, est d’une qualité toute particulière en cette première moitié d’année, et ce dans tous les segments des musiques électroniques. C’est à nouveau l’équipe d’Exploration Music qui se charge de la programmation en ce samedi 26 avril, pour une nouvelle édition de Signal. Si le collectif s’est toujours démarqué par ses line-ups témoignant d’une sensibilité musicale unique au sein de la scène parisienne, donnant notamment la parole à des courants encore trop peu représentés, c’est en l’occurence par la forme de la soirée qu’il se manifeste son audace : plutôt que de multiplier les prestations, chacun des deux Djs invités dispose de trois heures de set afin de donner libre court à sa créativité.

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Premier artiste de la soirée, Low Jack s’installe donc derrière ses platines dès minuit. Le Français, récent auteur d’un album du côté de chez L.I.E.S., a donc la lourde tâche d’ouvrir la soirée devant une audience encore réduite à quelques participants. Le DJ en profite pour nous livrer une première heure qui restera parmi les plus passionnantes que Paris ait connu ces derniers mois : allant chercher ses plaques les plus absconses, déconstruites et expérimentales, Low Jack enchaîne plages ambient, rythmiques circulaires, breakbeats déstructurés, porté par un flux expérimental duquel émergent lentement diverses tendances.

Autour d’une heure, le tout semble se recombiner, prenant lentement forme pour déboucher sur des titres d’une house sombre, minimaliste et percussive, alors que le Glazart se remplit lentement mais sûrement. Le son est volontairement sale, chaque élément étant recouvert d’une gangue de poussière augmentant son effet sur les corps. Low Jack se fait plus insistant, lorgnant de plus en plus vers la techno, situant son set à mi-chemin entre la house la plus minimaliste et la techno la plus percussive. Les trois heures passent finalement à une vitesse déconsidérée, et nous laissent l’image de l’un des sets les plus passionnants auxquels nous avons récemment pu assister.

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On se posait alors bien des questions quant à la tactique de transition adoptée par Lucy. Le fondateur de Stroboscopic Artefacts, qui avait déjà retourné la Machine du Moulin Rouge en novembre en compagnie de Speedy J, se positionne en effet derrière son Mac à 3h. La réponse est immédiate : optant pour la rupture, l’Italien nous offre dès les premiers titres sa techno sombre et profonde. Le Glazart est désormais plein, tout en laissant un espace suffisant à l’expression des corps. On regrettera simplement, quant à l’audience, une fâcheuse tendance de certains des participants à profiter de l’absence de sécurité sur scène pour y remonter tout au long de la soirée, même après avoir été invité à la quitter à de multiples reprises – chacune étant une nouvelle occasion d’enlacer la jeune femme accompagnant Lucy …

Passons. Car ce qu’il se passe au plan musical est plus que digne d’intérêt : Lucy continue de faire monter l’intensité, sa techno se faisant de plus en plus dure et sombre, instillant une tension de plus en plus palpable. En plein centre du set, le remix du « Are You There » de Josh Wink par Ben Klock émerge soudain et plonge le set dans un psychédélisme plus affirmé. Les motifs se mêlent, se confondent, autour d’une noirceur généralisée toujours affirmée. La violence diminue néanmoins progressivement pour laisser place à des considérations plus nocturnes, nous portant vers la fin des hostilités. Lucy met un terme aux débats en enchaînant le classique « Easy Lee » de Ricardo Villalobos au « Acid Bells » d’Efdemin remixé par Martyn. Si l’on pourra éventuellement regretter un côté quelque peu linéaire du set de Lucy, surtout après celui de Low Jack, il est indéniable que le DJ nous aura une nouvelle fois retourné durant trois heures. Le silence qui s’installe à 6h du matin nous laisse alors l’occasion de féliciter une nouvelle fois l’équipe d’Exploration pour une énième soirée ambitieuse, mais captivante.

Crédit photographique : Brieuc Weulersse

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