Retour sur Exploration présente Exit Records Label Night au Glazart

Une soirée rare, servie par le talent des DJs d’Exit Records, mais aussi du collectif Exploration Music.

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Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 2 avril 2014 | 15:43

Crédit photos : TNGHT

Il est minuit Porte de la Villette, et dans les alentours du Glazart commencent à se faire sentir les premières vibrations de la soirée. C’est que ce samedi 22 mars, Exploration Music se fend de l’un de ses plus beaux plateaux en invitant Exit Records, label phare de la scène drum&bass actuelle, pour une soirée aux allures d’évènement retentissant pour la bass music à Paris.

Les infrabasses se font déjà sentir à mesure que l’on déambule dans l’entrée du Glazart : à notre arrivée dans la salle, Snowball, éminent membre du crew Exploration, baigne déjà les quelques dizaines de personnes déjà présentes dans ses émanations de subwoofers. Ponctué de quelques classiques de Mala ou de titres plus récents d’un Machinedrum, ce warm-up fait la part belle au dubstep pour instaurer une connexion directe avec la Grande-Bretagne, qui ne sera bien sûr pas démentie par la suite. Un crochet jungle plus loin, la salle se remplit lentement alors que se rapproche l’heure fatidique.

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1h30, donc : heure de l’entrée en scène d’un premier invité de marque en la personne de J:Kenzo. Notamment présent sur la fabuleuse compilation Mosaic Vol. 2 d’Exit l’été dernier, le récent auteur de notre 95e podcast exclusif signait pour l’occasion son premier passage parisien. Revenant dans un premier temps dans des eaux dubstep, Jay Fairbrass va transformer en quelques minutes le Glazart en vaste marée bleutée de corps en mouvement, ployant sous le poids de basses torrentielles. Du skank à la secousse frénétique, les solutions adoptées face à cette déferlante sont nombreuses, tant il est impossible de résister à ce son minimaliste mais furieusement hypnotique. Le regard fermement fixé sur les tendances les plus deeps, voire dungeon, du genre, J:Kenzo assène coup sur coup, sans nous laisser le moindre répit. Une seule pause nous est accordée, en plein centre du set, le temps pour l’Anglais de faire monter le tempo d’une trentaine de BPM : regain de tension, le passage définitif au drum&bass sera pourtant fluide, l’Anglais, habitué de chez Tempa, continuant dans une même lignée basée sur des percussions minimalistes et des wobbles et autres growls surpuissants.

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De quoi nous acheminer tranquillement vers le set du maître : à 3h, c’est en effet dBridge qui installera son Mac sur scène pour le lancement d’une session dont on ne savait qu’attendre. C’est que dBridge n’a jamais donné dans un unique genre : du techstep au lancement du courant Autonomic en compagnie d’Instra:mental, Darren White sut mettre son talent au service de toutes les avancées du drum&bass. Au vu de la diversité affichée par son label récemment, toutes les possibilités semblaient ouvertes ; de fait, aucune ne fut fermée, dBridge sachant ménager diverses tendances du d&b actuel en un set pourtant cohérent. Ouvrant ses presque 2h30 de set sur un martèlement percussif féroce, notre hôte va ainsi lentement dérouler divers fils, s’ouvrant à de nouvelles directions tout en mettant en avant leurs liens. La qualité du mix de notre hôte n’a ainsi d’égale que sa variété, se permettant même de ressortir en fin de parcours quelques classiques bien rodés, avec un inévitable enchaînement « Inner Disbelief » / « Wonder Where » ne perdant rien de sa superbe.

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Ce panorama ne serait pas complet sans parler d’un autre artiste ayant joué un rôle fondamental dans l’excellente tenue des quasi 4h qui viennent de s’écouler. Sur le devant de la scène, SP:MC a en effet livré une prestation exemplaire, montrant le rôle majeur que peut avoir l’host dans le déroulement de la soirée. La réputation essentielle du MC n’est ici pas usurpée : sentant véritablement le flux musical s’écoulant, SP:MC a ainsi tout au long de la soirée su capter l’énergie s’en dégageant pour s’y greffer quand nécessaire et le laisser respirer aux instants opportuns. Se contentant de quelques invites adressées au public pendant les trente premières minutes du set de J:Kenzo, SP:MC nous délivrera ainsi le temps venu quelques enchainements de bars à mesure que la tension augmente, sans jamais se révéler aliénant ou superflu. Une véritable démonstration, où la voix humaine vient se fondre dans la musique pour mieux la complimenter. Infini respect.

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On ne s’y trompera pas : alors que Snowball reprend les platines, accompagné cette fois de son collègue Drazel, pour une trentaine de minutes de b2b nous menant vers le silence, les deux DJs d’Exploration sont eux-mêmes accompagnés de deux MCs s’acquittant avec les honneurs de leur tâche. Une fin de soirée à souligner, nos quatre acolytes ayant su tenir le niveau d’énergie délivré auparavant pour porter l’audience jusque 6h du matin. Bravo à eux donc, tant pour cette prestation que pour l’organisation d’une soirée au line-up impressionnant et à la réussite confirmée, ayant donné l’espace de quelques heures des allures de sous-sol londonien au Glazart.

Plus de photographies de la soirée : cliquez-ici (TNGHT)

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