Retour sur patten, Karen Gwyer et D.K. au Glazart

Une soirée placée sous le signe de l’expérimentation et comblant nos attentes.

IMG_20140410_213025
Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 26 avril 2014 | 11:11

Deux semaines après l’excellente soirée dédiée au label Exit Records, c’est en mode concert que nous retrouvons les murs du Glazart ce jeudi 10 avril, à l’occasion de quelques heures programmées par GAZZA, confirmant la diversité de son programme en se plaçant sous le signe de l’expérimentation en tous genres.

IMG_20140410_211559

Dans une salle encore peu remplie, c’est D.K., du crew Get The Curse, qui est chargé d’ouvrir la soirée avec un DJ Set démarrant peu avant 20h. La tâche n’était pas aisée : si le warm-up est un art trop peu reconnu mais subtil, impliquant équilibre et justesse afin d’instaurer l’atmosphère adéquate, sa difficulté est accrue dès lors qu’il s’agit d’ouvrir pour des performances expérimentales. D.K. s’en tire pourtant avec les honneurs : creusant dans tous les sillons, du downtempo au dubstep en passant par le hip-hop et la house, le Français livre un set d’une grande richesse, mais sachant aussi tisser des fils cohérents. Les étranges sonorités déconstruites qui nous accueillent lors de notre entrée dans la salle laissent ainsi progressivement place à des ambiances plus cadrées, dont l’énergie croit à mesure que la population du Glazart augmente. La réussite est à la hauteur du défi.

IMG_20140410_215308

Il est 21h30, et D.K. délivre ses dernières cartouches, alors que Karen Gwyer s’apprête à s’installer derrière ses machines. Emerge lentement une onde sinusoïdale en forme de mantra, vibration cosmique secouant la salle avec une intensité croissante. Disons-le d’emblée : les 40 minutes de live que nous offre l’artiste ce soir sont tout simplement impressionnantes de maîtrise. Car de cette série de vagues se muant en magma sonore émergent peu à peu des élucubrations rythmiques diverses, les percussions semblant travaillées comme n’importe quel autre son, en considération pour leur sonorité plus que pour l’instauration d’un cadre. Ces rythmes prennent pourtant un caractère obsédant, bourdonnant de leur furieuse répétition : c’est alors qu’intervient le décollage, Karen Gwyer s’adonnant à un martèlement propulsant sa performance dans de nouvelles sphères. Une redescente en douceur, magistralement dirigée, plus loin, un constat s’impose : Karen Gwyer vient de livrer une performance époustouflante de contrôle, autour d’une construction intuitive nous prenant doucement pour mieux nous asséner ses assauts hypnotiques.

IMG_20140410_225425

Une pause plus loin, et l’on retrouve patten pour un live très attendu. L’interview récemment réalisée en sa compagnie nous avait confirmé l’image d’un artiste doté d’une perspective unique sur sa musique, et d’une vision unique perceptible au sein d’une musique dense et complexe, mais toujours passionnante. Son live, initialement prévu à la Machine du Moulin Rouge en février, ayant été décalé de deux mois, on se réjouissait de découvrir enfin le versant live de cet écosystème de sons. Les questions étaient nombreuses : comment un son aussi riche, mais aussi aussi fin, pouvait-il être retranscrit dans un tel contexte ? La réponse ne se fait pas attendre : patten opte pour un rendu plus direct de ses titres, débutant sa performance par deux titres aux accents successivement dubstep et house, portées par des lignes de basse replacées au premier plan. Très expressif sur scène, patten mêle contrôleurs, guitare et chant, dégageant une énergie communicative. Les projections accompagnant le tout achèvent de convaincre une audience fournie : l’artiste en profite pour tendre les débats autour de titres moins évidents, plus expérimentaux. Les couches sonores s’entremêlent, communiquent, interagissent pour composer des ensembles au sein desquels patten nous invite à plonger. L’effet est particulièrement probant sur les titres extraits d’ESTOILE NAIANT que l’Anglais nous offre : visiblement bien rodés, ceux-ci s’écartent des versions originales, ramenant sur le devant de la scène des éléments cachés des originaux. On notera en particulier l’excellent « Agen », tout aussi génial en live. Au bout d’une cinquantaine de minutes de set, patten s’éclipse, avant de revenir pour un court rappel achevant de nous convaincre : l’expérience patten en live est à la hauteur des espérances. Au total, on retiendra donc une soirée riche, et répondant à toutes nos attentes.

Vous aimerez surement


    Fatal error: Uncaught Exception: 12: REST API is deprecated for versions v2.1 and higher (12) thrown in /home/seeksick/www/wp-content/plugins/seo-facebook-comments/facebook/base_facebook.php on line 1273