Retour sur Phonographe Corp au Batofar avec DMX Krew , Hodge et Pursim

Phonographe Corp s’invitait le 27 février au Batofar, avec DMX Krew et Hodge en chefs de file d’une soirée réussie.

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Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 3 mars 2015 | 8:35

Crédit photographie : Sofia Lambrou

Ce vendredi 27 février, Phonographe Corp s’invitait au Batofar en convoquant pour l’occasion un line-up riche et prometteur : étaient ainsi convoqués aux côtés de Pur Sim, résident du collectif, le trop rare vétéran DMX Krew et le jeune Hodge, natif de Bristol et en pleine ascension cette année.

Nous arrivons sur les lieux alors que Pur Sim a déjà entamé son warm-up. Les effluves de machines analogiques se font immédiatement sentir : l’ambiance est à l’acid house à l’ancienne, ponctuée d’incartades vers une techno rythmique et percussive du meilleur goût, alors que le public vient lentement mais sûrement garnir la cale du bateau. Toujours bien senti, le mix lance la soirée sous les meilleurs auspices.

 

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C’est à 2h qu’entre en scène DMX Krew, brandissant une feuille de papier laissant apparaître son nom écrit au feutre. On retrouve bien vite ce sens du jeu sur les codes stylistiques et cette forme d’auto-dérision : l’Anglais s’éclate derrière ses platines, se lance seul dans des danses improbables dès le premier titre. Musicalement, le début du set poursuit dans la lignée acid house instillée par Pursim ; si le beatmatching est parfois approximatif, la sélection est impeccable et s’agrémente de DJ tricks toutes les quinze secondes, nous rappelant que la qualité d’un mix dépasse de loin les facultés de calage de son auteur. C’est que DMX Krew nous livre une véritable démonstration, naviguant d’un bord à l’autre tout en restant dans des contrées old school : le mix se pare progressivement d’inflexions rave, laissant les breakbeats résonner jusqu’à tomber dans le old skool hardcore au sens pur du terme. Amen breaks, basses hypnotiques et vocaux suraigus se composent dans une avalanche salutaire de rythmes. Toujours imprévisible, DMX Krew négocie un virage serré vers une techno plus contemporaine, mais lorgnant fermement vers les franges les plus dures des musiques électroniques, gabber en tête : le « Acid Badger » de MPIA3 fera notamment son petit effet. Un retour aux breakbeats furieux plus tard, DMX Krew clôt son set avec un extrait du Syro d’Aphex Twin et sous les honneurs, assuré d’avoir retourné la salle pendant près de deux heures.

 

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Le profil de Hodge est tout autre : là où DMX Krew a su, au fil des ans, se forger une image clairement définie, la récente ascension de Hodge est justement marquée par une grande ouverture stylistique, le plaçant au cœur d’une scène de Bristol sachant savamment mélanger influences bass, techno, grime ou dub dans une nouvelle forme musicale. On retrouve ces perspectives dès les premières minutes du set de Hodge : les basses montent de quelques crans, les sons se répètent en écho, se noient dans des fils rythmiques tendus sur le vide. On se laisse vite emporter par ce torrent sonore qui nous portera jusqu’à 6 heures : si le mix de Hodge ce soir-là nous mène vers des terres plus techno, l’Anglais n’a pour autant jamais peur de nous asséner quelques breakbeats cassant toute routine trop établie. En plein cœur du set, l’enchaînement du légendaire remix de Shackleton par Ricardo Villalobos, du récent « Serra » d’Asusu et de l’excellente relecture de Tessela par Kowton, à paraître sur R&S, est ainsi exemplaire d’une volonté de franchir les barrières des styles. Le plaisir de Hodge derrière les platines est palpable, notamment lorsque sont lâchés quelques titres bien connus, à l’instar du « Are You There » de Josh Wink remixé par Ben Klock. Pour clôre la soirée, Hodge s’autorise même quelques classiques de la techno britannique, avec « Why They Hide Their Bodies Under My Garage » de Blawan en tête de cortège, laissant exulter les toujours nombreux membres de l’audience. Le fameux « Bring » de Randomer sera chargé d’achever les hostilités alors que les lumières se rallument : Hodge a définitivement rempli son cahier des charges.

Félicitons Phonographe Corp pour cette soirée réussie. Au-delà d’une programmation musicale de tout premier ordre ayant répondu à toutes ses promesses, l’ambiance chaleureuse dont a su faire preuve une assistance visiblement venue pour écouter de la musique et s’amuser, combinée au staff irréprochable du Batofar, ont assuré l’une des meilleures soirées de ces derniers mois.

Crédit photographie : Sofia Lambrou

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