Retour sur Resources Night avec Spooky, Endgame et Lil Crack à la Java

Retour sur la release party de l’EP de Lil Crack pour Resources, avec Spooky et Endgame en invités de marque.

resources
Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 4 décembre 2016 | 14:06

C’est une belle série que s’est offert, au cours du dernier mois, le collectif Resources : après une soirée au Supersonic autour du génial label Nervous Horizon, et un afterwork à l’Officine 2.0 en compagnie de Bass Paradize, le crew parisien poursuivait les choses en beauté le 2 décembre avec une release party pour le dernier EP sorti par Resources, signé Lil Crack. Pour marquer l’occasion, Resources a fait appel à deux invités de marque : Endgame, dernière recrue du label Hyperdub, et Spooky, authentique légende du grime britannique.

Calcium et Bob Sleigh s’occupent de faire ronfler les subwoofers à notre entrée dans la cave de La Java. Pour cette première heure, les deux résidents du collectif optent judicieusement pour un mix percussif, aux orientations UK Funky bien senties. La sélection est précise, marquée par des titres tels que l’excellent « Tribal Affair » de Champion, qui ouvre les hostilités avec choix, et par une juste dose d’infrabasses et de rythmiques syncopées permettant de se préparer pour la suite des choses, qui arrive très rapidement.

C’est que dès 1h, Endgame prend place dans le DJ booth de la Java et commence à distiller le son si distinctif qui marquait son récent Flesh EP pour Hyperdub. Le tempo se fait plus lent, descendant sous les 100BPM, alors que des rythmiques laissant infuser un net penchant pour le dancehall émergent rapidement. Au-dessus, les synthés sont éclatants de froideur minimaliste, et se fondent en une masse de laquelle il semble impossible de s’extirper. Délivrant un set très expérimental dans ses premiers temps, Endgame, imperturbable derrière ses CDjs, laisse progressivement toute leur place à des percussions qui soulèvent un dancefloor de plus en plus rempli. L’ensemble vire à la séance d’hypnose collective quand se font entendre les motifs issus du dernier EP de l’artiste, et notamment le fabuleux « Felony Riddim » que l’on se réjouissait d’entendre en club. Endgame livre ainsi un set à l’image de sa musique : rugueux, complexe et sans concession, mais qui continue de tracer une voie décidément convaincante.

C’est un autre genre d’expérience qui nous attend quand, 1h30 plus tard, Spooky s’infiltre à son tour derrière les platines. La venue à Paris de Spooky, légende du grime dans ce que le genre a de plus furieusement jouissif, avait de quoi susciter bien des attentes. Quelques minutes à peine suffisent à l’Anglais pour remplir le club et pour s’élever à des hauteurs insoupçonnées. A l’image de sa discographie, Spooky enchaîne les titres d’une violence imparable, aux rythmes aiguisés, dans un véritable chaos d’infrabasses voyant les titres se succéder à une vitesse pantelante. Dès les premiers titres, le rewind s’impose comme une respiration nécessaire, tant il est difficile de faire face à l’assaut livré. Du remix du « Bax » de Mosca à celui d’ « Abattoir » de Kahn, Spooky déroule ce qui s’apparente à une définition de ce que le grime peut faire de mieux : difficile d’imaginer plus parfait exercice de style. A 4h, l’Anglais conclut son set de la meilleure des manières, sur son classique « Spartan », qui laisse le dancefloor haletant, et proche de la crise de nerf collective : au vu de la réaction récoltée en fin de set, il ne semble pas exagéré de dire que ce set de Spooky restera comme l’un des tous meilleurs de l’année pour toutes les personnes alors présentes dans la salle.

#SpartanInParis at work

Une vidéo publiée par Spooky Bizzle (@spookybizzle) le

 

Auteur de l’EP célébré tout au long de la soirée, Lil Crack se charge de la relève : sans se restreindre à un style, le membre du M-Town Clew livre une heure de rythmiques concassées en tous genres. Grime, mais aussi UK Funky, kuduro ou trap sont de la partie, pour un nouveau mix de fureur percussive duquel émergent quelques titres plus particulièrement remarqués, à l’image de cet improbable remix de Bouga ou du génial « Damaia » du Lisboète Kking Kong.

En guise de conclusion, Resources nous offre un b2b de ses résidents Tommy Kid et Hybu. Devant la poignée de personnes qui restent alors en état de danser, les deux Parisiens offrent le set parfait pour cette heure, soit une heure de bassline et de UK Garage placée sous le signe du wobble. La sélection est impeccable, le mix toujours excellent ; les classiques s’enchainent, du « Hypnotiq » de Mr V au légendaire « Boooo » de Sticky & Ms Dynamite, entre autres titres de Burgaboy ou de Skepta. Tommy Kid et Hybu livrent un excellent set, qui sait nous maintenir en haleine jusqu’à la fermeture du club : à 5h50, le « Cockney Thug » de Rusko résonne comme un énième coup de semonce appelé à clôturer une soirée en tous points exemplaire. Une superbe manière de célébrer la sortie de l’EP de Lil Crack prévue pour le 9 décembre.

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