Retour sur SNTWN présente Hemlock à la Machine du Moulin Rouge

Assurément l’un des line-ups de l’année, et une soirée tenant amplement ses promesses.

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Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 8 mars 2014 | 14:51

Crédit photos : OOO Communication par Rémy Golinelli 

Ce samedi 22 février, la Machine ouvrait son Central pour une soirée SNTWN présente Hemlock dont le line-up restera probablement comme l’un de ses meilleurs de l’année. Dûment représenté, le label d’Untold a par ailleurs tenu toutes ses promesses, au cours d’une soirée ayant su gérer avec brio les changements d’intensité propres à un programme passionnant du début à la fin.

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Signe de la qualité de la programmation, c’est Mount Kimbie qui ouvre le programme à 23h. Signé sur Warp l’an passé, le duo affichait pourtant probablement la plus haute notoriété de la soirée, mais ses atmosphères de prédilection justifiaient ce rôle de warm-up. Rôle assumé avec choix par le groupe, représenté par un seul de ses membres proposant pour l’occasion un rare DJ Set, le groupe étant plutôt connu pour ses performances live. Sans jamais vraiment beatmatcher, Mount Kimbie nous plonge lentement dans des ambiances douces et éthérées, au sein desquelles se succéderont avec éclectisme vieux classiques du groupe, mais aussi propositions plus récentes, allant d’extraits de la collaboration Snoop Dogg/Dam Funk à des titres beaucoup plus récents de Pearson Sound. L’ensemble culmine sur le remix du For Yacht Club Use Only de Midland par Leon Vynehall, excellement bien amené. Dans l’ensemble, un set agréable donc, idéal pour ce début de soirée, dans une salle se remplissant relativement rapidement, même si l’on aurait espéré que le tout décolle un peu plus tôt.

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Le changement d’intensité fut, de fait, brutal : à 1h, Untold prend place derrière ses machines analogiques. Son apparence de chirurgien paraît en parfaite adéquation avec la musique qui s’apprête à envahir nos tympans, l’espace de 60 minutes. Nous gratifiant de son tout premier live show, coincidant avec la sortie de son album Black Light Spiral, Untold n’a pas déçu, dépassant en cinq minutes à peine toutes nos attentes : alors que sirènes retentissent dans une atmosphère d’urgence, les basses ne cessent de voir leur niveau augmenter pour culminer à des niveaux rarement atteints. Le tout prend rapidement des allures de bombardement, nous laissant estomaqués face à un tel déferlement : accompagné de visuels psychédéliques, ce show aura laissé à l’audience la vivace impression d’avoir vécu quelque chose de spécial. Difficile de comprendre exactement ce qu’il se passe, au fil du déroulement des titres de l’album, égrénés de quelques classiques (« Stop What You’re Doing », « Motion The Dance ») submergés de basses fréquences. Alors que s’achève le show reste l’image durable d’une innondation de ces fréquences, dévorant tout l’espace pour laissser entendre tout autre son au travers de son filtre : l’ensemble est jouissif, d’une puissance de feu inouïe, et s’avère être l’un des lives électroniques les plus intéressants du moment.

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Au vu de l’excentricité de ses releases, on ne savait qu’attendre du set de Joe, succédant au boss de son label ; même ainsi, le bien trop rare Anglais aura su déjouer nos attentes, offrant avec intelligence un set laissant retomber la tension, redonnant à la salle son souffle. L’auteur du récent et brillant « Punters Step Out » – qui manquera malheureusement au set – nous livre ainsi sur un plateau d’argent une house old-school au groove tranquille, se parant d’atours funky ou disco, mixée avec talent pendant deux heures que l’on ne sent pas passer. Saluons une nouvelle fois la lucidité du planning : le placement de son mix semble ainsi judicieusement choisi, portant une salle qui ne désemplit pas vers le final de la soirée.

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Assuré par Randomer, ce dénouement marque un regain de tension, le producteur nous abreuvant de sa techno abrasive ayant déjà bien fait ses preuves : plus fréquemment aperçu en France que ses congénères, son set n’en est pas moins indispensable au sein de la soirée, nous permettant d’enfin employer l’énergie que Joe avait eu la grâce de nous laisser. La salle est d’ailleurs progressivement décimée par ces beats d’une dureté implacable, lorgnant parfois vers l’acid ou l’indus. Seule une centaine de privilégiés auront ainsi la chance d’assister aux quinze dernières minutes du set, pour lesquelles l’Anglais nous propose, à notre grand bonheur, une séance de breakbeats old-school : les classiques de R&S s’enchaînent, du Vamp d’Outlander à l’Energy Flash de Joey Beltram. Royalement amené, We Are I.E. de Lennie de Ice ne trompe pas : c’est sur un titre authentiquement jungle que Randomer nous achève, closant la soirée sur une bassline faisant une dernière fois trembler la Machine.

Une soirée touchant à la perfection donc, tant par la qualité des sets nous ayant été proposés – au sein desquels trône un live show d’Untold que l’on se tarde de retrouver – que par son agencement : félicitons donc SNTWN, qui démontre une nouvelle fois ici tout son talent d’organisateur.

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