Scratchclart – DRMTRK EP VII

Avec cette septième mouture, Scratchclart alias Scratcha DVA nous fait une énième preuve de sa maîtrise du son et de sa capacité à créer des pistes audacieuses et entraînantes, tout en étant sagement ancré dans la culture musicale londonienne.

DRMTRK VII

8,5

10

Par Flex Blur
Publié le 25 juin 2019 | 9:38

DRMTRK VII ? Mais comment diable est-ce possible, le VI n’est même pas encore sorti ! Scratchclart, plus connu sous le nom de Scratcha DVA, un des piliers du label britannique Hyperdub, poursuit la série de DRMTRKs qu’il sort en indépendant sur Bandcamp depuis début 2018, avec un septième volume – à supposer que le sixième était en réalité Muhammad Ali EP de Lady Lykez, sorti sur Hyperdub en mai 2019.

L’EP débute avec « Kodjo’s Return », un titre cinématique qui fonctionne très bien comme entrée en matière. Le genre de truc qui te dit « t’inquiète poulette, t’es sur mon DRMTRK ». On y retrouve les nappes utilisées sur les précédents opus ainsi que les percussions organiques et fracassantes, mais les chœurs féminins synthétiques lui apportent une touche d’autant plus fantastique.

On bouge sur la piste suivante nommée « IC3 », mais ne vous attendez à rien de nouveau par ici : c’est seulement la version instrumentale de Muhammad Ali, cette piste démente où Lady Lykez pose sa voix sur le DRMTRK II. Malheureusement, cette version est livrée sans retouches ; il est évident que cette piste est taillée pour recevoir de la voix plutôt que destinée à s’affirmer en tant que tuerie singulière, et c’est hyper dommage. On aurait aimé quelques « breaks » de plus, des retouches fines tels des effets discrets, des coups de synthé à la Scratcha qui ponctuent certaines parties un peu vides, que sais-je !

Mais place aux choses sérieuses : « Reload Ayers » attaque sans prévenir avec un arrangement inspiré des deux minutes les plus chaudes d’une piste de Gqom, presque hypnotique. Ça tape super fort ; les grosses basses et les tambours de guerre sont de sortie ! Ce que j’aime le plus, c’est les variations apportées par paquets de quatre mesures. Elles s’entendent essentiellement sur la partie de batterie, que ce soit sur les sons choisis ou sur les motifs rythmiques.

Le dernier titre, « Rice & Peaz », s’apparente à une version de son « Mak & Cheez » (miam) paru sur le tout premier DRMTRK, mais avec une mouture 2-Step qui nous replonge direct au début des années 2000. Mais quelle surprise et quel plaisir d’écouter un truc comme ça de nos jours, super bien fait qui plus est !! Ces rythmes syncopés nous renvoient à une époque où le simple fait d’évoquer MJ Cole ou Artful Dodger mettait tout le monde d’accord pour se déhancher.

Avec cette septième mouture, Scratchclart alias Scratcha DVA nous fait une énième preuve de sa maîtrise du son et de sa capacité à créer des pistes audacieuses et entraînantes, tout en étant sagement ancré dans la culture musicale londonienne. Concernant ma piste préférée, franchement j’hésite. Entre la lourdeur bien gérée de « Reload Ayers », ou ce retour vers le futur de « Rice & Peaz », mon cœur balance. Le seul bémol pour moi concerne le titre « IC3 » qui aurait pu présenter quelques subtiles évolutions. Mais avec DRMTRK VII, je crois qu’on tient à ce jour le meilleur de la série. À écouter et à réécouter : incroyable.

 

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