Shifted – Razors

Il aurait été dommage de rater ce dernier EP, sorti en toute discrétion.

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7.5

10

Par David Robert
Publié le 13 janvier 2013 | 21:13

Grâce à son premier album (chronique ici) sorti l’année dernière sur Mote Evolver (label de Luke Slater), Shifted est passé du statut d’artiste à suivre à celui d’incontournable d’une scène techno droite et rugueuse. Une ascension fulgurante mais diablement méritée, l’homme ayant construit avec le Crossed Paths en question un édifice ô combien massif et percutant.
Après ça, on aurait pu facilement imaginer une explosion de sa présence jusqu’alors assez timorée. Mais non, l’anglais dont on ne connait pas le nom a continué de tracer sa route avec son balluchon de fer et son visage flouté, lorgnant plus vers l’anonymat de certains collectifs pionniers de la techno que de l’hyper communication de Mr Liebing. C’est ainsi qu’est sorti discrètement en décembre son dernier EP que l’on aurait pu facilement louper. Et ça, ça aurait été dommage voyez-vous.

Razors. Difficile de trouver plus explicatif comme nom. Pour ceux qui ne suivent pas au fond la salle, ça tranche, ça coupe, bref ça décape, mais c’est pas vraiment rasoir ni barbant. Voilà pour la partie vaseuse de la chronique.
Le titre éponyme s’impose un peu à nous comme un uppercut (très) bien placé. Pas d’introduction, pas de présentation, pas d’essuyages de chaussures avant d’entrer. Juste le martèlement d’une rythmique qui ne laisse aucune place au bancal et aux contre-pieds, des basses tord-boyaux et surtout un grosse présence mentale de Thomas Edison pour la dose d’électricité injectée dans le morceau. Une simplicité de construction qui se retrouve dans les trois autres titres originaux.
Over laisse un peu plus de place à l’auditeur sans être léger pour autant. Travaillant moins dans le volume, il déploie une ligne à la texture cybernétique qui vient rebondir contre les invisibles parois d’un hangar désaffecté dans lequel il devrait facilement pouvoir trouver sa place à 6h du mat. Plus sec et moins industriel, Bloodless est sûrement le morceau le plus dansant du maxi. A l’inverse, Trouble trouve sa cible dans les méandres du cerveau humain plus que dans les rotules de ses jambes. Rampant à même le sol, il développe une ambiance lugubre offrant à l’EP une clôture complétement hypnotique.

P.S. : Amis bordelais, surveillez vos agendas pour les prochaines soirées SSS.

 

 

Tracklist :

A1. Razors
A2. Over
B1. Bloodless
B2. Trouble

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    3 Comments

    1. [...] et Ventress, non contents de signer à leur compte des releases d’une grande qualité (voyez vous-même), promeuvent également au sein d’Avian des perles rares, très rares, la qualité étant [...]

    2. […] borderline qui ont su le révéler au fil du temps. Nos multiples chroniques sur ses sorties (ici, ici et ici), notre interview, le SSS podcast qu’il a réalisé et l’invitation à […]

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