Sicaa – Coral & Paper Planes

Le Parisien Sicaa marque le retour d’Exploration Music, avec un EP organique, réjouissant et d’une grande sensibilité.

sicaa

8.6

10

Par Jeanne Gorisse
Publié le 2 novembre 2016 | 8:23

Le crew Exploration Music fait son retour en tant que label en sortant Coral & Paper Planes, nouvel EP du producteur parisien Sicaa. Après des sorties sur Moose Records et Château Bruyant, il s’adonne ici à un EP beats particulièrement sensible.

Dès le premier morceau de l’EP, « Coral Fields », Sicaa nous embarque dans son univers. Ce titre très lumineux s’ouvre en crescendo sur une grande nappe sonore digne du générique de la Century Fox. Le morceau s’accélère, se développe, c’est beau et coloré comme une barrière de corail. Le rythme syncopé s’arrête parfois, reprend, dans une dynamique que l’on retrouve sur d’autres morceaux du disque. L’ambiance reste aquatique avec le mystérieux début du scintillant « Dream Flip Li ». Puis l’EP prend son rythme de croisière. Le beat est plus présent dès les premières secondes de « April in March », un titre plus dense, à l’atmosphère plus industrielle, qui remplit l’espace sonore.

Arrive « Eighty Two », morceau organique qui débute par des sons cristallins et des battements très rapides proches de body claps, sur lequel débarquent sans prévenir de grosses basses rampantes pour se transformer en son complètement club. Une épopée en lui-même. Dans « Hgshlnd », un titre à l’atmosphère plus pesante, on retrouve des sons de jeux vidéos parmi lesquels ceux de Sonic, un jeu correspondant très bien à ce titre : ambiance urbaine, à la fois nerveuse et anesthésiée, celle qui a donné naissance au street-art et au hip-hop (ou même à PNL). On ne s’étonne alors pas de retrouver quelques éléments de trap sur ce cinquième morceau.

Changement d’atmosphère pour les titres suivants : « Altitude » se développe avec un grand crescendo, amenant un beat stroboscopique qui frétille d’une oreille à une autre. C’est un son très club, aux influences presque disco. L’aigu saturé brille comme une boule à facettes au-dessus de basses puissantes. Dans nos têtes ça scintille, ça clape et ça grésille. Puis on se laisse embarquer avec bonheur sur « Paper Planes », un excellent titre au son d’abord inquiétant qui s’avère très réconfortant : gai, calme et dansant à la fois. Le réjouissant « Andromeda », morceau-festival tout en syncopes, ouvre le final en grandes pompes. On y perçoit même de très courts extraits de saxophone empruntés au free jazz.

C’est donc un EP organique, d’une grande sensibilité et extrêmement réjouissant que Sicaa nous livre ici. Hybride, très imagé, Coral & Paper Planes comprend des morceaux riches, complexes dans leurs sonorités mais absolument directs sur le plan émotionnel. Âmes insensibles s’abstenir.

Tracklist :

01. Coral Fields
02. Dream Flip Li
03. April in March
04. Eighty Two
05. Hgshlnd
06. Altitude
07. Paper Planes
08. Andromeda

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