Silicate 020 – The Keep (Various)

Silicate, c’est avant tout un état d’esprit.

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8.2

10

Par Alexandre Aelov
Publié le 10 janvier 2014 | 17:20

Silicate, c’est un label. Un label où l’on repousse les limites. Un label où l’on voit des artistes aussi variés que Voiski, Pit Spector, DSCRD ou Grifin s’ébattre joyeusement dans les champs hallucinés et sans frontières d’un monde électronique libre. Silicate, ce sont des sorties au design fait maison, sur cd, vinyle et même une VHS.
Silicate, c’est avant tout un état d’esprit. Pour cette 20ème sortie, le label a organisé un workshop durant l’été dernier, le 6ème en date, réunissant cette fois Boris Hervot Dlutowski, Francis Lamodière, Thomas Bethmont, Tim Dornbusch, Valentin Ferré et enfin Voiski autour d’un étrange film. Déjà pour la 16ème sortie le collectif s’était retrouvé autour d’Outland, un film de Peter Hyams ; cette fois il s’agit de The Keep, étrange œuvre fantastique du réalisateur Michael Mann.
Si la BO originale composée par Tangerine Dream laissait toute sa place aux instruments électroniques, le projet des six amis était de porter un regard live sur différentes séquences de l’œuvre. En résulte une compilation de matériau sonore, originale et intrigante.

The Keep est un film assez improbable, le genre d’étrangeté où le kitsch extrême et les maladresses de réalisation rencontrent au final une réflexion étonnamment profonde et un charme assez inattendu.
The Arrival met tout de suite dans le bain, affirmant ad hoc une puissance analogique certaine. Pourtant, si l’on est pas surpris de ressentir ce frisson exagéré que procurent typiquement les bandes originales des films de Dario Argento, force est de reconnaître une recherche assez poussée dans la construction elle-même. En gros, là où souvent les bande originales de films d’horreur très esthétisés se découpent en séquences justement adaptées aux effets dramatiques et au rythme des séquences dans le film, on a là plutôt un échantillon musical de ce qui pourrait être reproduit en live, étiré ou raccourci. Cependant, rien n’empêche de regarder les séquences du film en écoutant ces pistes, la correspondance est impeccable.
The Boat se démarque par un développement très net, bien vintage dans les sonorités. On aborde avec The Demon et The Pact un côté glitchy très appréciable, dans un tout assez moderne au final qui fait vite oublier les références incontournables du genre. The Stranger revient à des ambiances et des sons très kraftwerkiens, qui deviennent parfaitement « cinématographiques » dans The Hotel et développent véritablement le côté science fiction de cet ensemble. Enfin, The Revolt and the Death est d’avantage à rapprocher d’explorations qu’on peut entendre dans la magnifique BO de Possession, d’Andrzej Żuławski, ou même dans les premiers Cronenberg, avec ces éléments rythmiques et ces échappées synthétiques.

Le résultat de ces jam sessions (puisqu’il s’agit vraiment d’improvisations) est un ensemble très cohérent de 7 morceaux, pensés à la fois comme de vraies séquences musicales à part entière mais aussi comme autant de préludes à des live futurs. Quoi qu’il en soit, on a affaire à une œuvre complète, même si l’écoute s’en trouve forcément un peu frustrée, et qui a le mérite de revisiter d’une manière très expressive le rapport entre musique et cinéma bien au-delà de la simple illustration ou de quelconques obscurités conceptuelles.
Une curiosité, soit, mais portée par un goût du défi esthétique et une liberté créatrice qui font honneur aux membres du label. Une aventure à suivre.

Tracklist:

01 – The Arrival
02 – The Boat
03 – The Demon
04 – The Pact
05 – The Stranger
06 – The Hotel
07 – The Revolt and the Death

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