SNKLS – Half Horn

Pour son retour chez Polaar, SNKLS revient vers ses tempos de prédilection et nous livre un EP organique, frénétique, et puissant

cover

8.2

10

Par Julien Smith
Publié le 2 mars 2021 | 11:34

Si vous nous suivez depuis quelque temps, vous aurez bien compris pourquoi nous suivons Polaar avec tant d’attention. En plus d’avoir collaboré avec nous pour l’organisation de soirées avant les débuts de l’épidémie, ce label aligne les sorties de qualité en restant au point d’équilibre entre dancefloor et expérimentation, avec une approche cinématique et atmosphérique qui le distingue de ses semblables. Mais ce qui rend cette chronique encore plus particulière, c’est qu’il s’agit d’un EP de SNKLS. Malgré ses débuts dans Le French Work, sans aucun doute l’un des collectifs français les plus passionnants de ces dernières années, le Clermontois ne s’est pas cantonné au footwork et a exploré différents aspects de sa musicalité, que ce soit chez Estranged Records, HTS, Club Late Music, Simply Deep ou dans des compilations sur Egregore ou Quarantine Sonic Squad. Après plus de 4 ans depuis sa dernière sortie sur Polaar, il revient donc sur ce label avec toute une palette de sonorités expérimentales qui confèrent à cet album un caractère très original, et en même temps profondément caractéristique du son SNKLS d’aujourd’hui.

Pour l’occasion, il revient à des tempos rapides entre 160 et 170 bpm, et allie avec doigté expérimentation sonore et puissance de frappe. Cette dernière varie en fonction des morceaux, tantôt contenue dans une ligne de kicks sous stéroïdes comme pour « Matin Shape », ou bien transmise par le déchaînement rythmique d’artéfacts électroniques (« Half Horn »). L’évolution constante des percussions, la façon dont elles se relaient de manière toujours imprévisible, et la symbiose entre les différents éléments sont autant de facteurs qui contribuent à rendre l’ensemble résolument organique et à insuffler la vie à une musique aux sonorités très électroniques. Mais tout ce travail en profondeur sur l’arrangement des éléments n’enlève rien à la qualité dancefloor des tracks. « Stir » avance inexorablement tel une machine autonome et nous propulse dans un tunnel parsemé d’éclats de synthétiseurs et de samples désossés, tandis que « I Don’t Give An Acid » utilise une ligne de kicks qui rappelle certaines tracks de drum’n'bass et l’associe à une grêle de gouttelettes soniques dans les aigus, ce qui en fait le morceau le plus dancefloor de l’EP.

En écoutant cette oeuvre de A à Z, l’auditeur est donc submergé par un flot irrésistible de rythmes saccadés et emporté dans une avalanche de percussions, alors que des scintillements synthétiques et autres bruissements électroniques se relaient dans le fond du son pour former une atmosphère intense et contemplative. Et c’est finalement ce contraste entre frénésie et calme qui rend si intéressante la musique de SNKLS, et plus largement d’une grande partie des artistes qui se situent entre dancefloor et expérimentation : ils jouent au jeu de l’hybridation, jonglent avec les sensations, et font découvrir à leur public des émotions jusqu’alors inconnues.

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