SSS Interview : 1000 Names [FR/ENG]

Interview d’un groupe à découvrir : à l’occasion de la sortie de son quatrième album, le duo bulgare 1000 Names répond à nos questions.

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Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 27 octobre 2014 | 14:15

Depuis six ans, le duo bulgare 1000 Names se forge discrètement une réputation solide sur la carte des musiques électroniques mondiales. D’album en album,  leur son a évolué vers de nouvelles sphères, bâtissant un univers unique, entre hip-hop instrumental, house ou downtempo. Leur nouvel album, Migration Pads – leur quatrième -, paru cette semaine chez Drut Recordings, témoigne d’un nouveau pas dans cette direction, le groupe faisant preuve d’une grande maîtrise de ses propres tendances. Nous en avons profité pour leur poser quelques questions : interview d’un groupe à découvrir.

1) Votre son a évolué depuis les beats glitchés et joueurs de votre premier album, pour s’étendre vers quelque chose de plus diversifié, souvent plus sombre aussi, d’album en album. Est-ce que cette évolution était quelque chose de conscient ? Est-ce que vous savez dans quelle direction vous avancez en commençant un morceau ou un album ?

- De disque en disque, l’approche est différente. Pour cet album en particulier, nous avons travaillé sur la distance : la plupart des esquisses ont été faites dans des villes différentes, proche de la nature ou au centre de la folle ville lionne qu’est Sofia. Le sentiment de la ville la nuit mélangé avec le calme des arbres, des montagnes et du ciel nocturne. Oui, on connaît toujours la direction, mais on va toujours vers des endroits différents.

2) Migration Pads est déjà votre quatrième album, même s’il y a eu une pause de trois ans après Invisible Architect, le précédent. Est-ce que vous êttes attachés au format album ? Est-ce plus facile pour vous de développer votre univers musical sur un album longue durée ?

- On ne sait pas vraiment, mais on aime quand la musique te dirige sur différentes routes, mais dans une même direction. On imagine toujours comment la musique apporte des couleurs aux marches des gens. Ca veut dire qu’on les imagine avec des Walkman, des iPhone, etc.

3) Ce nouvel album est votre première sortie chez Drut Recordings, le label de Kelpe. Auparavant, vos disques sont apparus sur de nombreux labels, allant de Black Acre à Svetlana Industries ou Project: Mooncircle. Comment avez-vous commencé à travailler avec Drut ? Est-ce que vous essayez d’adapter votre musique au label pour lequel vous travaillez ?

- Oui, nous connaissons Kelpe depuis longtemps, sa musique nous inspire beaucoup. On a commencé par échanger des commentaires sur les réseaux socaiux, puis nous nous sommes rencontrés dans divers lieux en Europe : en Autriche, en Serbie, en Lituanie. Il nous a dit qu’il allait ouvrir un label et nous a demandé de le rejoindre. Bien sûr, on a dit oui : c’est un privilège d’être sur Drut. Les gens vont commencer à en entendre parler de plus en plus.

4) Votre son se base sur diverses influences pour former son propre univers. Migration Pads semble suivre la même route qu’Invisible Architect, dans le sens où il dépasse vos racines hip hop / beats pour prendre en compte d’autres sons, souvent plus électroniques. Un morceau comme « Planet Dance » par exemple me rappelle les trucs dubstep que des artistes comme Martyn faisaient il y a plusieurs années. Vous semblez également influencés par la house music. Est-ce que vous vous sentez connectés à ces sons ? Comment les incorporez-vous dans votre propre son ?

- On a changé oui, nos personnalités aussi. C’est comme si tu dirigeais un film : parfois tu fais des tragédies, parfois des comédies, des courts-métrages, etc. On n’aime pas rester dans une unique direction. On essaie d’être honnête avec nous même en faisant différentes expériences. On découvre aussi nos propres différences, en essayant de les admettre et de les respecter. Par ailleurs, on a toujours aimé la musique électronique et la house sale.

 

5) Je trouve que Migration Pads est votre album le plus impressionnant, avec des morceaux comme « Radar Orgazm » qui fait preuve d’une progression géniale d’atmosphères, tout en restant cohérent dans le cadre de l’album. Je trouve qu’il sonne beaucoup plus précis que vos albums précédents : chaque son semble avoir été défini très méticuleusement. Est-ce que cela a à voir avec le fait qu’il est sorti trois ans après le précédent, alors que vous aviez l’habitude d’en sortir un par an avant ? Quand avez-vous commencé à travailler sur ce disque ?

- Merci ! En fait, cet album a été fait sur une période de peut-être deux ou trois ans. On a pris beaucoup de temps pour le construire et l’écouter, parce qu’on voulait le faire sans pression, avec plus de pauses pour nous laisser le temps de penser.

6) Vous venez de Sofia en Bulgarie. Est-ce que votre ville joue un rôle dans la musique que vous faites ? Est-ce que vous vous sentez connectés à la scène locale, ou à une scène en général ?

- Sofia joue un rôle important parce que la plupart de nos concerts sont là, donc on a un contact plus fréquent avec le public. On a toujours été dans notre propre coin, en se faisant une réputation éclectique petit à petit. Vers 2009, on sentait un peu plus de connexion mondiale avec la scne beats, mais maintenant on est juste nous-mêmes.

7) Vous avez toujours travaillé en duo. Est-ce que vous avez des rôles spécifiques quand vous faites de la musique, ou est-ce que cela change d’un morceau à l’autre ? De la même façon, est-ce que vous formez les nouveaux morceaux en improvisant ensemble, ou bien en mettant en commun les idées que vous avez chacun de votre côté – ou bien encore autre chose ?

- Nikko travaille plutôt sur les samples, les voix, les synthés, la construction du morceau. Margg est sur les percussions, les synthés aussi, le côté live, les sons, le mixage. On a des rôles, mais tout est ouvert, on change très facilement. Le principal, ce sont les idées qui traversent la musique.

8) Vos premiers disques avaient un feeling MPC, quelque chose de très joueur. Je trouve que c’est plus difficile de sentir comment vous produisez vos morceaux aujourd’hui – ils ont toujours ce côté souple qui leur donne un caractère unique, mais en même temps, les sons sont nettement plus définis. Quel type de matériel avez-vous utilisé pour Migration Pads ?

- Après nos premières années, on a laissé la MPC de côté pour un petit temps, et on a commencé à utiliser des ordinateurs, des synthés software, une SP-404. Pour Migration Pads, on a aussi utilisé un Arturia Mini Brute, des field recordings et des samples poussiéreux, et le chant du groupe Indiana Wolf Gang.

9) Votre musique semble exister dans son propre espace au sein de la scène actuelle. Quel genre de trucs est-ce que vous écoutez en ce moment ?

- Nikko : J’ai redécouvert certaines de mes vieilles influences, des trucs comme Jan Jelenek, Can. Tout ce qu’Actress fait est vraiment génial. Plus récemment, Andras Fox, Ariel Pink, …

- Margg : J’ai récemment découvert Suicideyear et j’adore ce qu’il fait. Le nouvel album d’Erlend Oye est tellement beau… L’album de LP d’Arca est aussi vraiment génial.

10) Est-ce que vous pouvez nous glisser quelques mots sur ce qui est à venir pour 1000 Names ?

- On travaille beaucoup sur notre live set. Ca sera quelque chose de très intuitif, on utilisera des pads pour les percussions, des synthés, des boites à rythmes, des samplers, des effets et un micro. Ca sera très groovy et dansant. Vrooooom.

Since 2008, the Bulgarian duo 1000 Names has been gaining a discreet, yet solid reputation on the world map of electronic music. From one record to another, their sound has evolved to newer spheres, building a unique universe between instrumental hip-hop, house, downtempo, … Their new album, Migration Pads – their fourth -, released this week on Drut Recordings, shows a new step in that direction, with the band evidencing its great control of its own sound. We took this occasion to ask them a few questions: what follows is the interview of a band you should discover.

 

1)  Your sound has evolved from the playful, glitched beats of your first album to expand to something more diverse, and often darker, from record to record. Was this evolution something conscious? Do you know what kind of direction you are heading towards when starting a track/record?

- From record to record, the approach is getting different. For this album we worked through distance, most of the sketches were made in different towns, nearby nature or in the center of the crazy lion town Sofia. The nocturnal urban feeling mixed with the stillness of the trees, mountains and country sky. Yes, we always know the direction, but it always goes into different places.

 

2) Migration Pads is your fourth album already, even though there was a three years break after Invisible Architect, the previous one. Do you feel attached to the album format? Is it easier for you to develop your musical universe on a full-length record?

- We don’t know, but we love when the music rides you in different paths, with the direction staying the same. We always imagine how music puts colours in people walks. It means we imagine them with walkmans, Iphones or whatever.

 

3) This new LP is your first record for Kelpe’s Drut Recordings. Your releases have previously been featured on several labels, ranging from Black Acre to Svetlana Industries or Project: Mooncircle. How did you start working with Drut? Do you try to adapt your music depending on the label you are working for?

-Yes, we have known Kelpe for a long time,  his music is a big inspiration for us. We started to exchange comments on social networks, then we’ve started meeting in different places around Europe: Austria, Serbia, Lituania. He mentioned that he was going to do a label and asked us to join. We said yes of course. It is a privilege to be on Drut. People will start to hear about them more and more.

 

4) Your sound takes on a variety of influences to form its own universe. Migration Pads seems to follow the same path asInvisible Architect in that it goes beyond your initial hip hop / beats roots to embrace other, often more electronic sounds. A track such as «Planet Dance» for instance reminds me of the dubstep stuff artists such as Martyn were making a few years ago. House music also feels like a distinct influence. Do you feel connected to these sounds? How do you incorporate them within your own sound?

- Yes, we’ve changed, our personalities too. It’s like a directing a movie, sometimes you make dramas, sometimes comedy, short movies etc. We don’t feel good staying in one direction. We are trying to be honest with ourselves into different experiences. We are also discovering our differences and trying to admit and respect that. We’ve always liked dirty unpolished house and electronics.

 

5) I feel like Migration Pads is your most impressive record to date, with tracks such as «Radar Orgazm» showcasing a fantastic progression of atmospheres, while still remaining cohesive in the frame of the album. I thought it sounded much more precise than your previous albums, as each sound seems to have been meticulously crafted. Does this have to do with the fact it was released three years after the previous one – whereas you used to release to one album a year –? When did you start working on the record? 

-Thank you! Actually this album was made in a two, maybe three years period. We’ve taken a lot of time contructing, listening, as we wanted to make it without pressure.. with more pauses, that gave us more time to think.

 

6) You come from Sofia, in Bulgaria. Does your city play a role in the music you make? Do you feel connected to the local scene, or to any scene at all?

- Sofia plays a big role because most of our gigs are there, so the contact with public is more frequent. We’ve always been in our niche, building an eclectic reputation little by little. We used to feel a world connectivity to the Beats scene around 2009, but now we are just us.

 

7) You have always worked as a duo. Do you have specific roles when producing music, or does it vary from track to track? Likewise, do you tend to jam together in order to form new tracks, or try to pool ideas you had on your own – or something else entirely?

-      Nikko is more on the samples, voices, synths, building the traxx. Margg is into drum constructions, also synths, live playing, sounds and mixing. We have some roles, but everything is open, we’re switching very easily. The important things are the ideas that float.

 

8) Your first few records had quite a playful MPC feeling. I feel like it’s harder to know how you produce your tracks nowadays – they still have this looseness to them that gives them a unique character, but at the same time the sounds are much more defined. What kind of gear did you use for Migration Pads?

-      Since that era, we left the MPC for a while, and started using computers, soft synths, an sp -404. For Migration Pads we’ve also used Arturia Mini Brute, dusty samples, field recordings, and the voice of the singer from Indiana Wolf Gang.

 

9) Your music seems to exist in its own space within the current scene. What kind of stuff are you guys feeling at the moment?

-      Nikko: I rediscovered some of my old influences, such as Jan Jelenek, Can. Everything from Actress is also gold. Lately Andras Fox, Ariel Pink…

- Margg: I recently discovered Suicideyear and love his stuff. The new Erlend Oye album is so lush.. Arca’s LP is also just outstanding.

 

10) Can you tell us a few things on what is to come for 1000names?

- We are working hard on our live set. It will be very intuitive, we’ll use drum pads, synth, drum machine, samplers, efxs and microphone. It will be groovey and danceble. vrooom

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